Musique Classique en ligne - Actualité, concerts, bios, musique & vidéos sur le net.

Musique classique et opéra par Classissima

Jessye Norman

mardi 23 août 2016


Classiquenews.com - Articles

11 août

CD, compte rendu critique. « A journey »… Pretty Yende, soprano. Bel canto et opéras romantiques français : Rossini, Bellini, Donizetti, Gounod, Delibes… (1cd Sony classical)

Classiquenews.com - Articles CD, compte rendu critique. « A journey »… Pretty Yende, soprano. Bel canto et opéras romantiques français : Rossini, Bellini, Donizetti, Gounod, Delibes… (1cd Sony classical) – Jeune souveraine du beau chant… Coloratoure exceptionnellement douée, la jeune soprano sud africaine Pretty Yende, fut révélée avant tout dès 2010, lors du premier Concours international de Bel Canto Vincenzo Bellini, seule compétition (française) dédiée aux spécifiés du chant bellinien (c’est à dire préverdien); son chant sûr et raffiné s’affirme ici au sommet de sa jeune carrière, telle une nouvelle Jessye Norman, alliant la grâce, le style, une technicité brillante et naturelle … au service des compositeurs lyriques d’avant Verdi : Rossini et son élégance virtuose ; Bellini et ses langueurs suaves d’une ineffable tendresse ; Donizetti, touche à touche géniale autant dans la veine dramatique et tragique que comique et bouffone… Soit de l’expressivité mordante et une noblesse naturelle doublée d’une technicité acrobatique avérée… autant de qualités qui lors du premier Concours précité, avait particulièrement marqué les esprits du Jury et du public. Vraie coloratoure, douée d’une flexibilité saisissante, aux côtés de la beauté d’un timbre qui demain, chantera Bellini évidemment (Lucia à l’Opéra Bastille en 2016), surtout Mozart, la jeune diva affirme sans détours, une étonnante maturité, une plasticité riche et nuancée malgré son jeune âge. L’agilité des vocalises, la justesse de l’intonation, à la fois séduisante et brillante illumine l’intelligence juvénile de sa Rosina (Una voce poco fa) : tout l’art de la jeune diva se déploie ici : assurée, palpitante, d’un cristal inouï tant le brio pyrotechnique de ses vocalises reste remarquable de précision et de musicalité. En elle, rayonne une coloratoure virtuose, élégante, noble, d’une grande finesse de style et d’une juvénilité expressive illimitées. En Français, sa Lakmé déroule une suavité à la fois opulente et enchantée, dans le duo des fleurs de Lamé (avec Kate Aldrich, à l’émission bien basse et comme voilée… de surcroît sur un tempo trop lent à notre goût). Si la tenue de Pretty Yende demeure sans faille, il n’en va pas de même avec ses partenaires… 2ème chanteuse ici et chef. La baguette lourde, trop détaillée, finit par enliser, malheureusement le duo qui en conséquence, n’est pas le meilleur titre du récital. Les récentes lectures sur instruments d’époque ont dévoilé une autre sonorité, pour les opéras romantiques français. BELLINIENNE ENCHANTERESSE… Ecartons ces infimes réserves qui d’ailleurs ne concernent pas la jeune diva méritante mais plutôt ses partenaires. Car l’évidence vient après ces Rossini et Delibes du début : le plat de résistance reste le premier air Bellinien : Béatrice di Tenda, « Respiro io qui … puis Ah, la pena in lor Piombo » ; l’expérience bellinienne spécifique de Pretty Yende se distingue nettement dans cette séquence vocalement convaincante – dommage là encore que la direction de Marco Armiliato en fait des tonnes, à contrecourant de la finesse élégantissime requise (que réalise sans faute la soprano pour sa part). Tendresse initiale du récitatif, – à l’évocation de la fleur flétrie, condamnée ; Pretty Yende exprime avec une subtilité irrésistible la noblesse d’une âme sacrifiée. Puis à l’énoncé de l’air proprement dit (par le cor et les flûtes), la suavité enchantée du timbre impose définitivement la cantatrice belcantiste. C’est une femme qui dévoile une conscience nouvelle, celle qui lui fait mesurer son aveuglement précédent, une princesse d’une subtilité impressionnante que son repentir rend davantage admirable sur le plan moral: les vocalises et le legato sont parfaits de précision, d’intensité, et dans une vision globale, relèvent d’une intelligence musicienne capable de construire l’air en une vision architecturée idéalement énoncée. Pretty Yende nuance son expressivité sans jamais sacrifier l’élégance du chant, la noblesse de l’intonation, affirmant des variations d’une justesse déchirante (avec le choeur affligé, compassionnel). La cabalette de la souveraine fraternelle impose le même souci esthétique et un sens du texte qui se déroule comme une caresse, capable de vocalises qui égalent indiscutablement celles de l’impératrice actuelle du genre, Edita Gruberova (souhaitons la même intelligence et la même longévité à sa jeune héritière Pretty Yende). Ambassadrice de charme et d’un style raffiné chez Rossini, Bellini, Donizetti… Pretty Yende : nouvelle et sublime diva belcantiste L’idéal esthétique, élégantissime, d’une tendresse souriante, toujours raffinée, portant le Rossini du Comte Ory, se déploie pareillement et en français dans la grande scène suivante : « En proie à la tristesse… » : « La Yende » maîtrise le texte, reste intelligible, douée de nuances et de couleurs d’une suavité là encore irrésistible. Sa Comtesse s’alanguit, semble sculpter son superbe miel vocal sans limites, assénant des aigus supersoniques d’une clarté, intensité, couleur remarquablement sûres (remerciement à l’ermite : « Céleste providence », puis cabalette qui suit : « Cher Isolier… »). Plus sombre, la couleur de la Juliette de Gounod, confirme les affinités de la diva avec le romantisme français : « Dieu quel frisson court dans les veines… » ; l’amoureuse pure et la mort, s’affirment ici dans un tableau terrible, pathétique, héroique, d’essence fantastique aussi dont la froide volonté impose une morbide détermination (évocation du poignard), auquel le lyrisme éperdu de « verse toi-même ce breuvage » convoque immédiatement l’intensité de l’actrice tragique et tendre. Là encore on regrette la lourdeur de la baguette, mais la finesse de la chanteuse éblouit totalement. La versatilité expressive et dans chaque séquence émotionnelle, le style et l’intelligibilité de l’interprète imposent une exceptionnelle flexibilité dramatique. Rôle qu’elle connaît parfaitement à présent pour l’avoir chanté au Concours Bellini dès 2010, sa Lucia saisit par la même maturité, une intelligence dramatique exquise, son incandescente juvénilité. alors que ses consoeurs attendent l’âge mûr pour triompher des vocalises entre autres, Pretty Yende éblouit par la jeunesse de son chant. Longuement présenté à la harpe, « Ancor non giunse!… » est plainte éthérée d’une tristesse infinie (du caractère qui marqua tant Chopin), ensuite l’énoncé de « Regnava tel silenzio » affirme la profondeur de la diva, puis enfin sa prière irrépressible, creuse sa joie infinie : la palette des nuances et des couleurs éblouit par son intensité, la carrure irréprochable des vocalises démontre une maîtrise coloratoure époustouflante… La dernière plage confirme les dispositions belcantistes, précisément belliniennes de la jeune diva : d’un caractère immédiatement enivré et enchanté, ciselant une Elvira (I Puritani, un rôle que Pretty Yende avait déjà présenté lors du Concours Bellini 2010), d’une surprenante intensité, la soprano éblouit par sa facilité acrobatique, la flexibilité des vocalises, la justesse des notes tenues couvertes, et dans l’ensemble de l’architecture dramatique, une intensité continue jamais mise à mal, jamais déplacée, jamais forcée, toujours sincère et d’une finesse absolue. En plus de sa vocalisation habitée, Pretty Yende affirme une intelligence et une vérité expressive indiscutables. « Qui la voce sua soave… » exprime le rêve, la fragilité, l’hypersensibilité d’une âme prête à s‘évanouir à force d’épreuves surmontés, de traumatismes vécus. L’autorité vocale, l’élégance et la finesse du chant effacent toute réserve : Pretty Yende impose un talent d’actrice tragique irrésistible dans la grande scène de la folie : la dernière séquence après 11mn d’effusion coloriste, tragique, de candeur hébétée, affirme une ardeur échevelée : « Vien diletto è in ciel la luna! / Viens mon bien aimé la lune est dans le ciel »… , celle d’une femme sacrifiée, devenue folle… la vocalité rayonnante, réalisant toutes les variations possibles, de Pretty Yende impose une exceptionnelle intelligence virtuose, le chant exprimant le paroxysme émotionnel qui emporte la jeune femme mariée contre son gré et rendue criminelle. Stupenda. Aucun doute, le Concours Bellini 2010 avait bien raison de couronner le génie belcantiste de la jeune diva… que toutes les scènes du monde s’arrachent non sans raison à présent. C’est pourquoi malgré l’entourage musical parfois décevant (chef, orchestre et chanteurs n’ont certes pas la finesse musicale de la diva), ce premier disque est davantage qu’une carte de visite : c’est bien la confirmation qu’un immense talent bel centriste est maintenant prêt à éblouir le monde lyrique. Anne peut que s’incliner devant une telle perfection vocale. Bravissimo Pretty. CD événement, compte rendu critique. PRETTY YENDE, soprano. A Journey : airs de Rossini (Le Barbier de Séville, Le Comte Ory) ; Bellini (Béatrice de Tende / Beatrice di Tenda, I Puritani), Donizetti (Lucia di Lammermoor), Delibes, Gounod. Orchestra sinfonica nazionale della RAI. Marco Armiliato, direction (1 cd SONY classical). Enregistrement réalisé à Turin (Italie) en août et septembre 2015. CLIC de CLASSIQUENEWS.COM (rentrée 2016). AGENDA : Pretty Yende après avoir chanté Rosina du Barbier de Séville à l’Opéra Bastille à Paris, revient du 14 octobre au 16 novembre 2016, dans le rôle de Lucia, Lucia di Lammermoor. VISITER le site de l’Opéra national de Paris, page dédiée à Lucia di Lammermoor avec Pretty Yende

Resmusica.com

20 juin

Jérémie Rhorer, dans son premier opéra de Mozart au disque

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Die Entführung aus dem Serail, Singspiel en trois actes K.384. Avec : Jane Archibald, Konstanze ; Norman Reinhardt, Belmonte ; Mischa Schelomianski, Osmin ; David Portillo, Pedrillo ; Rachel Gilmore, Blonde ; Christoph Quest, Selim. Ensemble Aedes (direction : Mathieu Romano), Le Cercle de l’Harmonie, direction : Jérémie Rhorer. 2 CDs Alpha 242. Enregistré le 21 septembre 2015 au Théâtre des Champs-Elysées. Notice trilingue (français-anglais-allemand). Durée : 120’51.




Classiquenews.com - Articles

10 juin

CD, compte rendu critique. Mozart : L’Enlèvement au sérail (Jérémie Rhorer, Jane Archibald, septembre 2015 – 2 cd Alpha)

CD, compte rendu critique. Mozart : L’Enlèvement au sérail (Jérémie Rhorer, Jane Archibald, septembre 2015 – 2 cd Alpha). Sous le masque léger, exotique d’une turquerie créée à Vienne en 1782, se précise en vérité non pas la confrontation de l’occident versus l’orient, occidentaux prisonniers, esclaves en terres musulmanes, mais bien un projet plus ample et philosophique : la lutte des fraternités contre le despotisme et la barbarie cruelle (la leçon de clémence et de pardon dont est capable Pacha Selim en fin d’opéra reste de nos jour d’une impossible posture : quels politiques de tout bord est-il capable de nos jours et dans le contexte géopolitique qui est le nôtre, d’un tel humanisme pratique ?). Cette fraternité, ce chant du sublime fraternel s’exprime bien dans la musique de Mozart, avant celle de Beethoven. D’AIX A PARIS… A Aix préalablement et dans la réalisation scénique de l’autrichien Martin Kusej (non pas allemand comme on le lit habituellement), cet Enlèvement, retransposé sans maquillage et en référence direct aux Talibans et à Daech avait marqué les esprits de l’été 2015, par sa radicalité souvent brutale (des textes réécrits, donc actualisés, et parfois, une foire aux actualités contemporaines) dénaturant cependant l’élégance profonde du Mozart originel. C’était de toute évidence exprimer l’acuité polémique brûlante de l’opéra de Mozart, tout en lui ôtant sa part d’onirisme, de rêve éperdu. Presque un an plus tard, le disque sort et avec lui, la magie de la direction musicale et des incarnations vocales, alors saisies sur le vif en un concert sans mise en scène, au TCE à Paris en septembre 2015 : le résultat est au delà de nos attentes, et rrévèle l’engagement irrésistible du chef quadra Jérémie Rhorer. Sans les images (et la vacuité anecdotique de la mise en scène aixoise), la force et la grandeur de la musique nous éclaboussent à plein visage (ou pleine oreille). Alors qu’à Aix il dirigeait le Freiburger BarokOrchester, Jérémie Rhorer dans ce live parisien de légende retrouve ses chers instrumentistes, de son propre orchestre, Le Cercle de l’Harmonie. La direction fourmille d’éclairs, d’éclats ténus, de scintillements sourds et raffinés qui montrent combien Mozar en peintre du cour humain est inatteignable car la grâce sincère que nous fait entendre alors Jérémie Rhorer, exprime au plus près le génie de l’éternel Wolfgang : une langue qui parle l’ivresse et le désir des cœurs, l’aspiration à cet idéal fraternel qu’incarnent toujours, le pacte libertaire du quatuor Belmonte/Constanze, Pedrillo/Blonde. La vitalité continuement juste de l’orchestre saisit de bout en bout. Et depuis Aix, le chef retrouve à Paris les chanteurs du Quatuor : Norman Reinhardt / Jane Archibald, David Portillo / Rachele Gilmore… Assurément son carré d’as, tout au moins pour les 3 derniers d’une suprême vérité. De quoi s’agit-il précisément ? Formidable profondeur et jutesse poétique ce dès l’ouverture qui tout en égrennant à la façon d’un pot-pourri, les motifs les plus essentiels de l’action qui va suivre, dévoile la saisissante fluidité énergique du seul véritable acteur : l’orchestre Le Cercle de l’Harmonie ; les insrtumentistes déploient et diffusent une rondeur suractive que le chef sait exploiter jusqu’à la fin en une énergie réellement irrésistible, live oblige. L’attention de Jérémy Rhorer est de chaque instant, d’une finesse dramatique, rendant compte de tous les accents, nuances, couleurs, chacun exprimé par leur charge émotionnelle, précisément calibrée. C’est d’autant plus juste pour un ouvrage qui reste du côté de l’espérance et de la force des opprimés. L’amour reconstruit une espérance humaine contre la barbarie d’un emprisonnement arbitraire. D’emblée, La vitalité des caractères s’affirme : la Blonde de Rachele Gilmore a certes une voix petite, parfois tirée mais elle demeure très engagée et à son aise d’un chant affûté, vif argent, fragile mais tenance. Saisi sur le vif en septembre 2015, L’Enlèvement au sérail de Jérémie Rhorer confirme la direction du maestro français Justesse de l’orchestre, palpitation des femmes Par ses 3 grands airs, la soprano en vedette (“La Cavalieri” – Caterina Cavalieri, à l’époque de Mozart) peint très subtilement le portrait d’une femme amoureuse, affligée mais digne. C’est d’abord solitude et fragilité de l’être désemparé (seule mais pas démuni : premier air “Durch Zärlichkeit…” acte I) bientôt gagné par un esprit de résistance, la lumière des justes contre l’oppression et la torture… (grand air quasi de concert, de forme fermée : “Martern aller Arten”…, le pivot dramatique du II, magnifiquement porté par l’engagement incarné par la soprano Jane Archibald qui chante toutes les variations : saluée à ses débuts français à Nantes dans un somptueux et onirique (voire vaporeux) Lucio Silla, la soprano captive par la vérité de son chant impliqué, intense, qui s’expose sans réserve pour tenir fièrement malgré la violence de son geôlier, Selim : en elle, pointe la noblesse héroïque de la future Fiordiligi, cœur ardent, âme inflexible : une vraie résistante prête à mourir (duo final avec Belmonte, où les deux amants se croient condamnés sans perdre leur courage). Saluons surtout chez Archibald, le caractère de la souffrance aussi, cultivant le lugubre saisissant (présence de la mort), pour les colonnes de bois, aux lueurs maçonniques telles qu’elles scintilleront 9 ans après L’Enlèvement, dans La Flûte enchantée (1791) où à la solitude de Constanze répond, comme sa sœur en douleur, la prière de Pamina… Au cours de l’enchaînement des actes I puis II, qui fait se succéder les deux airs si décisifs de Contanze, l’orchestre et sa sculpture instrumentale si bien affûtée dessinent en contrepoint de la sensibilité radicale de la jeune femme, un climat tendu et raffiné, d’essence Sturm und Drang, tempête et passion effectivement-, dont les éclairs et tonnerre émotionnels sont d’autant plus renforcés par contrastes / renfort que la succession des séquences du I au II, alors, oppose le cœur noble mais indéfectible de Constanze à la fureur électrique (hystérique animale) du Pacha, puis de la non moins intense confrontation Pedrillo / Osmin. Terrifiante confrontation des êtres en vérité. Il n’est que la tendresse plus insouciante de Blonde (air d’une féminité angélique aérienne : “Durch Zärlichkeit…” qui ouvre le II). Et à travers les confrontations occidentaux / musulmans, l’exhortation au dépassement des rivalités, par l’amour et par la clémence précise, suprême leçon d’humanisme, l’espérance de la musique de Mozart, sublime par la justesse de son invention. On aura rarement écouté pareille réalisation associant chant des instruments, prières vocales. Moins convaincant reste Norman Reinhardt : il ne donne aux soupirs de Belmonte amoureux, q’un chant moins propre, contourné, assez imprécis, souvent maniéré, moins percutant que le brio de ses partenaires, voire carrément gras et épais (Wenn der Freude Tränen fliessen… escamoté par un manque persistant de simplicité). Au III, la préparation de l’évasion / enlèvement piloté par l’ingénieux Pedrillo (excellent et racé David Portillo), puis l’enlèvement proprement dit (In Mohrenland entonné sur un orchestre guitare aux pizzicati enchanteurs…), forment des ensembles triomphants comme une délicieuse marche militaire, qui dit la certitude et la complicité solidaire des prisonnières et de leurs libérateurs inespérés…. tout cela est toujours porté par l’ivresse et une frénésie scintillante à l’orchestre d’une activité prodigieuse ; Jérémie Rhoroer laisse chaque accent de cette humanité exaltée, respirer, s’épanouir avec une classe magistrale. La vision du chef organise et édifie peu à peu tout ce que la mise en scène aixoise n’atteignait que rarement : le formidable élan progressif qui en fin d’action aiguise le dernier chant mozartien : fustigeant les haineux caricaturaux (Osmin et sa cruauté sadique), sublimant la lyre éperdue, mais tristement non triomphante du dernier ensemble où chacun dit sa liberté, avant d’être probablement égorgés par le bourreau qui même s’il en est le serviteur, passe outre la clémence proclamée de son maître. Saisissante perspective. TRAVAIL D’ORCHESTRE. L’enregistrement live de septembre 2015 suit les représentations scéniques aixoises de juillet précédent, ainsi l’on peut dire donc (et constater que Rhorer possède son Sérail : tout cela coule dans ses doigts et jusqu’à l’extrémité de sa baguette, offrant une leçon de direction fluide, raffinée, précise et vivante, étonnament précise, imaginative, naturelle. En réalité, la valeur de ce coffret d’autant plus attendu que le moment du “concert” à Paris avait marqué les esprits, confirme l’impression du public du 21 septembre 2015 : le chant de l’orchestre – des instruments d’époque, rétablit la proportion originelle de la sensibilité mozartienne, où chaque phrase instrumentale, qu’il s’agisse des solos piano ou des tutti rugissants orientalisants, s’accorde naturellement à la voix humaine, dont la vérité et la sincérité sont constamment préservés. Le sommum étant attient ici dans les épisodes où les trois meilleurs chanteurs donnent tout, en complicité avec un orchestre ciselé, dramatiquement superbe et parfaitement canalisé : Jane Archibald (Constanze troublante), David Portillo (Pedrillo ardent, ingénieux, tendre), Mischa Schelomianski (Osmin noir et barbare)… La réalisation voix / orchestre tient du prodige et, sous la coupe sensible, fièvreuse du chef Jérémie Rhorer, confirme (s’il en était encore besoin), l’irresistible poésie expressive des instruments d’époque. C’est dit désormais : plus de Mozart sans instruments modernes, ou alors avec intégration totale du jeu “historiquement informé”. La corde du sentiment y vibre dans toute sa magicienne vérité. Magistral. Un must absolu à écouter et réécouter sur les plages de cet été 2016. CD, compte rendu critique. Mozart : L’Enlèvement au sérail. Jane Archibald, David Portillo, Rachele Gilmore, Mischa Schelomianski, … Le Cercle de l’Harmonie. Jérémie Rhorer, direction. Live réalisé à paris au TCE en septembre 2015 – 2 cd Alpha, collection “Théâtre des Champs Elysées”). CLIC de CLASSIQUENEWS de juin 2016.



Carnets sur sol

13 avril

Château de Versailles 2016-2017

Alors que la saison va progressivement être dévoilée sur leur site à partir de cette semaine, voici un petit récapitulatif de ce qui sera annoncé – grâce à Faust qui s'est fondu dans la foule des Mécènes du Château pour nous fournir tous les précieux éléments que je réexploite ici. La saison de la Philharmonie est peut-être un peu gentillette , mais du côté lyrique, il y aura de quoi faire la saison prochaine en Île-de-France. L'Opéra de Paris propose déjà quelques jolies choses (un Cavalli par Alarcón, un Rimski-Korsakov rare, quelques productions prometteuses comme ces doubles distributions de Lohengrin ou Onéguine…), l'Auditorium du Louvre rejouera le programe Cœur de Dumestre (avec le fabuleuse Eva Zaicik au lieu de Claire Lefilliâtre – l'écart stylistique sera tout aussi important avec les hommes !) et présentera Les Éléments de Lalande et Destouches, le Théâtre des Champs-Élysées déborde de fêtes pour l'opéra romantique italien et français (Norma sur instruments d'époque par Fasoli, La Reine de Chypre, un des bons ouvrages d'Halévy, Boccanegra, le Requiem de Verdi, Carmen, Andrea Chénier dans des distributions luxueuses)… même la Philharmonie a mis ses grands efforts de ce côté-là, avec 3 oratorios de Schumann et Mendelssohn par les meilleurs (Harding, Pichon, Gerhaher, Goerne), la venue du Bolchoï pour un Tchaïkovski très rare en France, ou encore la reprise d'El Niño d'Adams par le LSO… À l'Opéra-Comique, on annonce quelques grandes réjouissances comme La Nonne sanglante, grand opéra de Gounod directement inspiré de Meyerbeer (et très réussi, une de ses meilleures œuvres) ou Le Timbre d'argent, un inédit de Saint-Saëns. Mais si vous aviez déjà réservé, vous pouvez vider votre agenda : Versailles a annoncé en cercle restreint sa saison prochaine. Et. Fuyez, fuyez tant qu'il en est encore temps ! En rouge, les productions scéniques. En bleu, les versions de concert. Soulignées, les choses rares et exaltantes que vous ne reverrez plus jamais. Premiers opéras italiens ¶ Monteverdi – La Favola d'Orfeo – Arts Flo, Agnew. Passe aussi à la Philharmonie, avec Auvity dans le rôle-titre. ¶ Monteverdi – L'Incoronazione di Poppea – Grüber, d'Hérin. Grüber avait très bien réussi Ulysse au début des années 2000, autrement difficile à tenir… Un peu moins enthousiaste sur d'Hérin (formidable dans le ba roque et le classique français !) dans ce répertoire . ¶ Rossi – Orfeo – Mijnssen, Pygmalion, Pichon. Reprise de la production fantastique qui a tourné cette année : le plus grand spectacule de cette saison à mon avis, à voir absolument si la distribution demeure de même niveau Francesca Aspromonte revient ! XVIIe anglais ¶ Purcell – Dido and Æneas – Roussat & Lubeck, Dumestre. La production de Cécile Roussat & Julien Lubeck, déjà passée à Versailles en 2014, et captée à Rouen la même année (désormais disponible en DVD) était, visuellement comme musicalement, bouleversante – difficile de trouver une lecture plus effrayante et intense. Distribution totalement renouvelée : Mireille Delunsch y retrouve le rôle principal, qu'elle n'avait pas pratiqué depuis longtemps , me semble-t-il. Également avec Benoît Arnould (Énée), Katherine Watson (Belinda), Cyril Auvity (un Marin ?), Nicholas Tamagna (le meilleur Esprit du marché), Caroline Meng (l'Enchanteresse ?), Lucile Richardot, Jenny Daviet. ¶ Purcell – King Arthur – production des époux Benizio, Niquet. Avec Tauran, Santon, M. Vidal, Labonnette, J. Fernandes ! Tragédie en musique et musiques de scène françaises ¶ Lully – Monsieur de Pourceaugnac – Hervieu-Léger, Christie. ¶ Lully – Le Bourgeois gentilhomme – Podalydès, Coin. Avec notamment Romain Champion et Marc Labonnette. ¶ Charpentier – Médée – Pynkoski, Opera Atelier Toronto, Fallis. L'ensemble, à la pointe du mouvement aux Amériques, continue de remonter les grands standards de la tragédie en musique du XVIIe siècle. Pynkoski fait très bien avec peu de moyens, et si les émissions canadiennes sont en général assez en arrière, le tout est toujours habité d'un respect scrupuleux du style. Pour ce qui est potentiellement (avec une poignée d'autres concurrentes) la meilleure tragédie en musique jamais écrite, voilà qui fait plutôt envie. Avec Jesse Blymberg, Colin Ainsworth et Olivier Laquerre. ¶ Marais – Alcyone – Moaty, Savall. Également donné à l'Opéra-Comique. Pour avoir entendu Savall en jouer des pièces d'Alcyone mises en suite, la sècheresse et la raideur étaient assez redoutables sans la réverbération des mixages Alia Vox, mais il a pas mal travaillé ce répertoire depuis et affiné son style. Ce sera peut-être très bien. Je n'adore pas cet opéra (ni ceux de Marais en général, à l'exception de Sémélé qui dispose d'un demi-caractère particulier), le livret étant ce qu'il est, et la musique de Marais un peu tourmentée et virtuose pour mes goûts, plus musicale que dramatique d'une certaine façon, à une époque où la musique n'était pas aussi émancipée que chez Rameau. Mais on ne l'a guère entendu depuis Minkowski et Christie au début des années 1990 : en 2008 avec Armonico Tributo à Vienne, et en 2011 à Bilbao et… Sablé-sur-Sarthe, par les Folies Françoises. D'autant que le distribution fait très envie : Bayodi-Hirt, Bennani, Desandre, Auvity, Guimaraes, Mauillon, Abadie, Abete ! ¶ Rameau – Zoroastre – Pichon. Un des meilleurs opéras de Rameau avec Castor et les Boréades , tous deux donnés il n'y a pas si longtemps. Livret aux péripéties assez linéaires, mais très animé. Et puis Courjal dans un grand rôle de méchant baroque qui réclame de beaux graves ! Avec Piau, Desandre, Mechelen, Courjal, Immler. Opéra seria ¶ Haendel – Rodelinda – Il Pomo d'Oro. Également donné au TCE. Ensemble particulièrement persuasif dont j'ai dit déjà le plus grand bien. Avec Kalna, Lemieux, Hamarström, DQ Lee, Ainsley, Weisser. ¶ Vivaldi – Arsilda, Regina di Ponto – Radok, Collegium 1704, Luks. À mon avis le meilleur ensemble actuel pour ce répertoire, d'assez loin. La fougue et l'articulation de ces tchèques est redoutable. Classique italien ¶ Mozart – Don Giovanni – I. Alexandre, Minkowski. Avec Bou, Barbeyrac, Skerath, Gleadow… La trilogie Da Ponte est prévue pour la saison suivante. Classique français ¶ Salieri – Les Horaces – Rousset. Il reste, après les Danaïdes (déjà données par Rousset à Versailles, et enregistrées) et Tarare (sur lequel CSS prépare actuellement un long dossier), un dernier opéra de Salieri en français… et celui-là, il n'a pas été redonné çà ou là. Avec les deux chefs-d'œuvre ultimes précités, on s'attend forcément un peu à une découverte fulgurante (tout à Tarare, je n'ai pas encore ouvert la partition). Avec Wanroij, E. Lefebvre, Dran, Dubois, Bou, Foster-Williams, Ph.-N. Martin. Romantique italien ¶ Rossini – Elisabetta, Regina d'Inghilterra – Spinosi L'œuvre est une horreur pour tous les amoureux de la musique, comme si Rossini avait voulu caricaturer Donizetti avant même son entrée en fonction : des pages entières sur deux à trois accords, sans modulations, de la virtuosité se résumant à des gammes… C'est, au mieux, une suite d'exercices pour entendre ses gosiers préférés. Dommage, parce qu'en l'occurrence, entre le Chœur Arnold Schönberg, la grande voix d'Alexandra Deshorties, la souplesse de Norman Reinhardt (dont le timbre évoque beaucoup Kunde), le mordant de Barry Banks et le tranchant de l'Ensemble Matheus, ce sera servi dans les meilleures conditions possibles – me donnerait presque envie d'y aller, tenez. ¶ Rossini – La Cenerentola – Blersch, Les Musiciens du Prince, Fasolis. Une mise en espace avec costumes comme jadis à Pleyel. Avec Bartoli, Nikiteanu, C. Chausson, Corbelli… Les autres Fasolis sont avec I Barrochisti. Romantique français ¶ Saint-Saëns – Proserpine – Radio de Munich, Schirmer Revoici la fine équipe pour un nouvel inédit. Ce n'est pas le Saint-Saëns le plus aventureux (selon la logique d'exploration d'Alexandre Drawicki : prévilégier la couleur du temps plutôt que les nouveautés comme le font les histoires de la musique en général), il y a vraiment peu d'audaces harmoniques (et encore moins rythmiques), mais la lecture de la partition m'avait paru alléchante, pas mal de procédés très adroits où l'on sent la patte d'un maître (de petites carrures rythmiques qui parcourent des scènes entières, par exemple). C'est plutôt la cantate Frédégonde qui suscite ma curiosité, mais parmi les opéras à remonter, cette Proserpine m'attirait beaucoup. Et distribution de feu, comme toujours : Gens, M.-A. Henry, Tilquin Vidal, Antoun, Foster-Williams, Lavoie, Sagsyan, Teitgen ! Deux opéras qui figuraient dans ma liste de souhaits absolus et improbables d'opéras que je voudrais entendre avant que mes atomes n'aillent seconder l'économie maraîchère, très beau score, surtout ajouté au reste. Et puis on me redonne le Rossi que j'ai raté, c'est trop gentil, il ne fallait pas. À cela s'ajoutent quantité de concerts sacrés et profanes : ¶ Louis XIII sacré : messe de Boësset, Litanies de Moulinié, Scènes sacrées de Bouzignac par Schneebeli. ¶ Motets et élévations de Dumont par Daucé. ¶ Grands Motets de Lalande par Schneebeli. ¶ Il Trinfo della Divina Giustizia de Porpora par Les Accents. ¶ Messe du Sacre de Napoléon par Méhul (avec la Cinquième de Beethoven pour faire bonne mesure) par Les Siècles, à la Chapelle Royale. Et puis quantité de grands classiques : Vêpres de Monteverdi par Pichon, Grands motets de style Louis XIV, Leçons de Couperin par Dumestre, Magnificat de Bach par Gardiner, la Saint-Jean par la Chapelle Harmonique, Messie par Christie. Pour couronner le tout, une soirée Jaroussky autour d'Orphée… les dernières catégories sont à 70€, amusez-vous bien. Le choix devient de plus en plus terrifiant.

Jessye Norman

Jessye Norman est une soprano américaine (15 septembre 1945). Véritable soprano dramatique du fait de sa voix imposante, Jessye Norman est particulièrement associée, à ses débuts, aux rôles d'Aïda (Aïda), Cassandre (Les Troyens), Alceste (Alceste), et Léonore (Fidelio), avant d'élargir son répertoire à toute la musique des XIXe et XXe siècles, principalement allemande et française.



[+] Toute l'actualité (Jessye Norman)
11 août
Classiquenews.com...
20 juin
Resmusica.com
10 juin
Classiquenews.com...
9 juin
Le blog d'Olivier...
10 mai
Resmusica.com
13 avril
Carnets sur sol
5 avril
Classiquenews.com...
26 mars
Le blog d'Olivier...
3 mars
Carnets sur sol
19 févr.
Classiquenews.com...
19 févr.
Le blog d'Olivier...
15 févr.
Resmusica.com
26 janv.
Les bons plans de...
15 janv.
Jefopera
8 janv.
Classiquenews.com...
7 janv.
Resmusica.com
3 déc.
Resmusica.com
29 nov.
Classiquenews.com...
29 nov.
Carnets sur sol
30 oct.
Resmusica.com

Jessye Norman




Norman sur le net...



Jessye Norman »

Grands artistes lyriques

Aïda Alceste The Trojans Strauss Marseillaise

Depuis Janvier 2009, Classissima facilite l'accès à la musique classique et étend son audience.
Avec des services innovants, Classissima accompagne débutants et mélomanes dans leur experience du web.


Grands chefs d'orchestre, Grands interprètes, Grands artistes lyriques
 
Grands compositeurs de musique classique
Bach
Beethoven
Brahms
Debussy
Dvorak
Handel
Mendelsohn
Mozart
Ravel
Schubert
Tchaïkovsky
Verdi
Vivaldi
Wagner
[...]


Explorer 10 siècles de musique classique ...