Musique Classique en ligne - Actualité, concerts, bios, musique & vidéos sur le net.

Musique classique et opéra par Classissima

Jessye Norman

mercredi 22 mars 2017


Classiquenews.com - Articles

10 mars

CD. Grace Bumbry : The art of Grace Bumbry (1957 – 1967), 8 cd + 1 dvd, Deutsche Grammophon.

Classiquenews.com - Articles CD. Grace Bumbry : The art of Grace Bumbry (1957 – 1967), 8 cd + 1 dvd, Deutsche Grammophon. Une décennie miraculeuse dans la vie d’une diva exceptionnellement douée : voilà le cadeau de ce coffret magistral, d’une intelligence et d’un style à couper le souffle. La « Vénus noire », Grace Bumbry, star de l’opéra international avant Jessye Norman, est née le 4 janvier 1937 : elle a donc soufflé ses… 80 ans en ce début d’année. Occasion célébrative pour rééditer les enregistrements marquants chez DG Deutsche Grammophon, dont certains sont ses meilleurs. On connaît tout l’excellente diseuse, servie par un souffle et un timbre cuivré, sensuel, souverain, en particulier dans la mort de Didon des Troyens de Berlioz (une séquence inoubliable que votre serviteur eut l’occasion d’applaudir). La mezzo soprano américaine née à Saint-Louis dans le Missouri est restée célèbre pour avoir été la première black de l’histoire à chanter le rôle de Vénus, au début du Tannhäuser de Wagner à Bayreuth (1961). L’apogée de sa carrière se situe dans les années 1960 et 1970, s’imposant d’abord dans les grands rôles dramatiques (Azucena, Eboli – chanté au Palais Garnier de Paris dès 1960, Dalila ou Carmen…) puis s’affirmant tout autant dans les rôles de sopranos lyriques (Lady Macbeth, Gioconda, Tosca et jusqu’à Turandot … en 1993 à Covent Garden). La voix ample, puissante, finement timbrée est doublée d’un talent d’actrice remarquable, imposant sur scène une présence hypnotique, digne d’une Callas. C’est qu’aux côtés de ses possibilités vocales exceptionnelles, la diva est aussi une interprète qui se souci du texte. S’il n’était qu’un seul cd de cette compilation très nécessaire pour tous ceux qui lyricophile, apprécient les beaux timbres et l’élégance vocale comme l’intensité dramatique, écoutez dans l’enchaînement des 18 airs, le cd6 : Airs de Verdi (son grand maître) et Wagner, puis 6 lieder de Brahms… car outre ses performances comme mezzo ample et dramatique à l’opéra, Grace Bumbry fut aussi une diseuse hors pair, née pour le lied, calibrant son phénoménal métal à l’intimisme pudique et allusif du chambrisme germanique. Rayonnante et blessée pour Ulrica d’Un Ballo in maschera (ampleur hallucinée de la voix amoureuse qui éclaire ce fantastique électrique présent dans la partition), torrent impétueux mais si digne pour Eboli (Don Carlo), et grandeur désabusée mais éblouissante (malgré une prise lointaine) pour l’autre personnage de Don Carlo, la soprano Elisabeth : même dans une tessiture plus aigu, la diva éblouit par sa justesse expressive, son style, l’étendue de la tessiture. Même ivresse vocale, densité expressive, feu dramatique pour son Azucena du Trouvère, imprécatrice de grande classe, – jamais prise à défaut par les notes basses (« Stride la vampa »), coloriste funambule dans l’air qui suit : « Condotta ell’era in ceppi », d’autant que l’orchestre Berlinois (Radio Symphonie Orchester) saisit la finesse expressive de chaque séquence avec un sens du détail passionnant (Janos Kulka en 1962 et 1965). Née en 1937, Grace n’a que 25 et 28 ans ; sa maturité est saisissante. Même maîtrise absolue en 1965 pour sa Lady Macbeth (elle chante alors le rôle à Salzbourg) : un rôle qui comme pour Callas (au studio) a permis de démontrer les étonnantes capacités aigus, graves, dramatisme et articulation de la diva noire (quel abattage linguistique) : un volcan sidérant, par sa présence, son sens de l’incarnation et aussi, une finesse d’intonation qui devrait servir de modèle aux nouvelles générations : les 3 séquences de sa Macbeth, gouffre shakespearien qui concentrent touts les folies humaines, – récitatif puis air en cabalette, enfin somnambulisme halluciné (« Una Macchia è qui tuttora »), – miroir lugubre d’une âme détruite par sa perversion, sont des musts. Des pépites anthologiques. Tragédienne, amoureuse enivrée, diseuse allusive GRACE BUMBRY, diva assoluta pour l’éternité La Wagnérienne saisit tout autant par sa maîtrise de l’articulation, un sens inouï du texte… qui lui permet d’éblouir de la même façon dans le lied, – format plus intimiste où la pudeur et les blessures tues et secrètes affleurent dans la texture d’un chant suggestif, millimétré, ciselé, où rayonne tel une matière incandescente, la texture surjective du texte : ses 4 Brahms sont des joyaux (1963); le disque montre l’éloquente profondeur d’une immense interprète, déjà maîtresse de ses possibilités, avant ses 30 ans. Avec le recul, cet écart entre son soprano puissant mais clair – amoureuse enivrée-, et ses graves lugubres de tragédienne souveraine, suscite une juste admiration : la chanteuse est aussi une actrice née qui préserve toujours l’intelligibilité du texte : chez Brahms donc, n’écoutez que l’Ôde à Sapho (Sapphische Ode, opus 94/4) : le sens de la mesure, la couleur intérieur, le relief du texte, la sobriété et la subtilité de l’articulation sont sidérants (cd6, plage 14). Une grâce se déroule sans faille et d’une incroyable continuité ciselée dans le cd 7 qui regroupe ses lieder parmi les mieux aboutis et déjà bouleversants (An die Musik de Schubert ; Liszt, Wolf et Richard Strauss dont le Sehnsucht demeure ineffaçable…), récitals de 1962 et 1964. En français (cocorico), la mezzo saisissante est tout autant bluffante : « Ô ma lyre immortelle » de Sapho de Gounod (chant d’une prêtresse qui a cotoyé les dieux et qui transmet sur terre sa fabuleuse intensité comme son esprit détaché prêt au renoncement), « Mon coeur s’ouvre à ta voix » (Samson et Dalila de Saint-Saëns), et aussi « Oui Dieu le veut » de La Pucelle d’Orléans de Tchaikovski (les 3 airs de 1962) sont inoubliables, comme sa Carmen pour Karajan (1967, ici au DVD) mémorable réalisation qui en impose vocalement comme scéniquement, alors pour Salzbourg, avec le José lui aussi anthologique de Jon Vickers. Notre compte rendu rend peu compte de l’apport inestimable d’une immense artiste : ces 8 cd sont incontournables pour tous ceux que la fusion subtilité et puissance intéresse, intrigue, subjugue. CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2017. ____________________ CD. Grace Bumbry : The art of Grace Bumbry (1957 – 1967), 8 cd + 1 dvd, Deutsche Grammophon. CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2017.

Classiquenews.com - Articles

1 février

EDITO… Make America great again? par Pedro Octavo Diaz

EDITO, par Pedro Octavo Diaz… Depuis 24 heures le monde est secoué par la clameur rageante d’un triste histrion matamore à la tête de la première puissance économique et militaire de l’Occident. Effectivement, il a emporté, à coups de slogans démagogiques et quelques beuglements crus, la présidentielle Étasunienne la plus déchirante de l’histoire de cette incipiente démocratie. Make America great again? Sa devise: “Make America great again” (“Rendre les États-Unis grands à nouveau » / « Rendre à l’Amérique sa grandeur »). De toute évidence, Mister Trump, du haut de ses 70 printemps, fait croire à la décadence d’un état et d’une économie. N’en déplaise à cette vedette de Manhattan et des Stock-options, tout comme une certaine dynastie de Saint-Cloud en France, tout un pan de la grandeur Étasunienne est mise de côté. Outre le sérieux “Overpromising” de l’impétrant et un abus de phrasettes à gogo, Trump demeure le châtelain d’un Monde clos et irrémédiablement accroché aux années de son toupet blond, les années 80, rêveuses et tournées vers un avenir à la George Lucas. Et ce n’est pas inhérent à M. Trump, parce que depuis un certain temps l’on recèle un oubli criminel et dangereux des classes politiques mondiales du fait culturel et, plus particulièrement, pour le spectacle vivant. Le 21 Janvier 2017, alors que les éditorialistes mondiaux se déchaînent, tantôt sur les aventures de Trump tantôt sur le tailleur Ralph Lauren de son hétaïre, on oublie que Daesh a finalement fini par détruire un des plus beaux sites de l’histoire humaine : Le Théatre de Palmyre. Symbole de la tolérance, du partage, de la geste humaine, de sa permanence dans l’histoire par l’imaginaire. On limite à quels critères, aujourd’hui, la grandeur des peuples et l’accomplissement des nations? À l’ineffable économie, froide et volage? Aux indices sociologiques ? Ou bien à ce qui reste malgré les conflits et les déflagrations irréversibles de l’Histoire? Les États-Unis sont grands par leur géographie d’abord, par les paysages immenses qui ont fait rêver Samuel de Champlain et Lewis et Clark. Ces pierres jaunes du Wyoming, ces légendes de l’Oiseau Tonnerre que JK Rowling à vulgarisé dans la valise de Newt Scamander. Les États-Unis demeurent gigantesques et éternels par les méandres mystérieux et fascinants des lettres. Des embruns sauvages de Melville aux questionnements égotiques de Paul Auster. Et les volutes captivantes de Poe et la geste aristocratique de Henry James ou Edith Wharton. Le rêve Américain se déploie tel un papillon merveilleux dans les vers d’Emily Dickinson, les réverbérations de Walt Whitman et la torpeur sensuelle de Tenessee Williams… Mais les États-Unis sont aussi un ciel toujours sublime, blanc virginal aux abords des cols, céruléen aux abords des étendues sans fin des ocres et des verts et aux gris zibelins rasant les gratte-ciel. La musique, grandes sont les contributions des États-Unis aux chemins invisibles du son. Mariss Jansons, Isaac et David Stern, Yehudi Menuhin, Cole Porter, Thomas Ades, George Gershwin, John Musto, Jessye Norman, Lucinda Childs, Nicholas McGegan, William Christie, Laura Claycomb, Renée Fleming, Lisa Vroman, Larry Blanck, Amy Burton, Ed Lyon, Vivica Genaux, Joshua Bell, Nicholas Angelich, pour ne citer qu’eux, sont les voix puissantes des États-Unis. Mais que l’on ne se trompe pas. La voix des États-uniens est celle que ni les trusts, ni les thuriféraires de M. Trump ne peuvent ni veulent comprendre parce qu’elle ne produit aucun profit. Quoi qu’il arrive et qu’il en soit des choix des peuples ou des calculs électoraux, aucun Pays ne se détermine par sa gouvernance. Les actes de barbarie ou d’iniquité qui jaillissent de l’actuelle incompétente irresponsabilité des équipes politiques ne doit en aucun cas entacher comme naguère la destinée des peuples. Actuellement les États-Unis sont traversés par des convulsions inquiétantes. Les élites culturelles s’insurgent contre les décrets néfastes de l’actuelle administration. Les artistes et les institutionnels de la culture sont en grève. Mais en creusant l’écart entre les soutiens de base de Monsieur Trump et la “gens” culturelle ne verrons-nous pas le germe redoutable de la guerre civile, qui est la “coda” inévitable de tout totalitarisme ? N’oublions pas les leçons de l’Histoire. L’éditorialiste de CNN, Christiane Amanpour l’exploite bien dans ses comptes-rendus. Il y a 70 ans les pires dictatures ont surgi d’un mouvement d’humeur et d’un vote de protestation. De même, le parti médiocre de la bureaucratie a fait surgir les pires monstres, l’immobilisme est toujours ennemi de la création. La culture fut la solution, il y a bien des décennies, désormais elle sera une arme. N’en déplaise aux factieux et aux tenants de la revanche, la France restera le monument du monde envers et contre la dynastie Le Pen; les États-Unis seront toujours une terre d’espoir envers et contre Mr Trump et ses coryphées Républicains; le Mexique sera toujours constellé du granit de son Histoire envers et contre Messieurs Peña Nieto et Videgaray. La Pologne sera toujours la patrie de Chopin plutôt que celle de Mr Kaczynski, et la Russie éternelle de Tchaikovsky et Lomonosov écrase déjà, de sa trace indélébile, la paranoïa de Mr Putin. La mortifère nuée de leurs voraces harpies n’atteindra jamais ceux qui ont un livre dans les mains, une peinture sous les yeux, un casque sur les oreilles. Il faut désormais avoir l’énergie de faire et non pas l’ambition de devenir. ___________ Illustration : Palmyre avant Daesh (DR)




Les blogs Qobuz

12 décembre

Bach et Gardiner à la Chapelle Royale de Versailles

DR DR Samedi de ciel clair mais de forte brume. Mais est-ce bien là Versailles ? Est-ce là le Château ? À 19 heures déjà l’or des grilles est sans éclat, le gris de la nuit semble glauque, une façade luit dans le lointain, et semble-t-il de par sa splendeur propre. Les ors de la gloire sont éteints : et la splendeur n’en est que plus grande. Les Rois sont morts. Mais deux autres rois règnent ce soir, Jean Sébastien Bach d’abord, pour un programme comme de bien longtemps personne n’a su en assembler et présenter de si fascinant : une Messe luthérienne, de lui ce qui est le plus éloigné de nous, certes dans notre sensibilité française, à en être énigmatique ; une petite Cantate, pleinement luthérienne, elle, et peu jouée, la 151, Süsser Trost, nom qui dans ce crépuscule flou paraît d’avance comme consolateur, rassurant : on glissera moins sur les pavés de l’immense cour bien grise ce soir. Enfin l’auguste et sublime Magnificat, illustre mais si peu donné : qui y mettrait et le chœur fantastique, et les brillants performants solistes du chant, quatre au moins, qu’il y faut ? Autre roi appelé à régner ce soir, Sir John Eliot Gardiner, dont l’histoire d’amour avec Versailles date de bien en amont, quand il apprenait à connaître la musique spécifiquement faite pour Versailles, dont si peu de même rang que lui, en France, se préoccupaient alors. Notre très cher John Eliot a 72 ans à présent ; sa haute silhouette (qu’en fait de frac il enrobe d’une inimitable vareuse de velours à brandebourgs) laisse désormais ses épaules un rien se voûter, mais on ne trouvera en lui pas une miette de relâchement ou de relaxation. Cet inspirateur survolté a beau se montrer calme sur l’estrade, y être extrêmement économe de ses gestes (auxquels du reste ici la place manquerait), une étincelle, une tension, sans cesse émanent de lui. La puissance d’animation qu’il déploie sur ses troupes d’apparence flegmatique, mais qui de l’intérieur n’attendent que l’instant de bondir et jubiler de musique, alimente ce qui est fête, une expérience simplement unique en notre temps. Cette puissance sera au mieux, ce soir, dans ce qui semble demander le moins d’effort : ces quelques voix du chœur, a cappella, et lui qui d’à peine un geste, moins, une suggestion, semble tout leur souffler (insuffler) : l’intonation, la respiration et d’abord, tout simplement, le sens du beau. Tant de savoir et tant de contrôle, qui sont aussi une incandescence et une ferveur et une foi ! Comment fait un pareil foyer d’intensité et de vérité pour rester ainsi vif, alerte, en éveil, et nous éveillant ? De dos, immense, nous dominant (en plus) d’une estrade, il reste comme un De Gaulle entre tous musiciens et chefs ; un en qui l’autorité est native, qui a connu d’autres combats et que chaque saison fortifie. Le savoir, la maîtrise parlent. Dormez, Roi Soleil. Avec Bach et Gardiner ici, ce soir, un Bourbon est presque de trop. DR Très admirable surprise avec cette Messe luthérienne en fa BWV 233, de pur latin et, si elle ne s’arrêtait pas au seuil du Credo, serait Messe tout à fait, et certes pas culte. On entend dans le Gloria des airs, décalés par rapport à ceux qui figureront aux mêmes places dans la Messe en si. Parodie de Cantates dont ne nous reste qu’une suggestion qui nous hante l’oreille, mais occasion d’entendre en solo une basse d’abord, Gianluca Buratto, dans le Domine Deus, dans le Quoniam un contreténor ensuite, Reginald Mobley, tous deux exceptionnels, appartenant organiquement à l’ensemble qu’est le Monteverdi Choir, mais assumant en solistes, et solistes à timbre, les morceaux les plus périlleux. Comme on voudrait que le Choir les ait eus dans ses rangs en 2000 lors du tour du monde où ils chantèrent et gravèrent tant de Cantates de Bach, avec des solistes tirés du chœur et, hélas, si souvent défaillants. Ces deux sont d’autre pointure. Mobley d’ailleurs a tout d’une star, sorte de Jessye Norman barbu et jovial, d’une longueur calme de souffle et d’une beauté et plénitude de timbre rarissimes. Dans l’Esurientes du Magnificat il fera plus que merveilles ; et on ne s’étonnera pas que dans le duo Et misericordiam, son contreténor ne fasse qu’une bouchée du ténor beaucoup plus timide qui chante pourtant au-dessus de lui. Honneur et hommage aux trois dames qu’on entendra dans les soli et ensembles divers du Magnificat. Admirablement justes (avec une pointe d’anglicité dans son latin pour celle en charge de l’Et exultavit) elles se tirent impeccablement de leurs solos, mais ne montrent en rien une telle étoffe soliste ; ni non plus la soprano qui ouvre Süsser Trost, exquise de style mais de timbre sourd, que la flûte qui dialogue avec elle (souveraine il est vrai) n’a pas de mal à couvrir. Est-il besoin de dire que le ténor (Hugo Hymas), très remarqué dans ses quelques interventions brèves, disparaîtra de même sitôt affronté aux héroïsmes et escalades du Deposuit, où il met toute son énergie, et use tout ce qu’il a de timbre ? Il est déjà très beau que ce soir on n’entende aucune voix blanche, ou creuse. Vive la vibration, qui fait que le son vit, et nous touche ! Quand il chante dans sa totalité, et même sotto voce ou piano, le Monteverdi fait entendre une santé de timbres et une plénitude dans le son qui ne font qu’un avec sa fantastique adaptabilité rythmique. Des prouesses que Bach ne cesse de lui demander dans le Magnificat si concis, ramassé, énergique, il se tire avec une ahurissante facilité. DR Pourtant les vraies surprises de la soirée ne viennent pas de l’interprétation. On attendait l’excellence. Qu’on ait eu encore un peu plus n’est pas vraiment surprise. Mais la Messe luthérienne, quelle révélation, avec ce Kyrie inaugural, d’un premier Bach qui sait déjà son style, joyau de densité sobre, de puissance organisationnelle et contrapuntique (au fond c’est pareil ; et c’est la première et définitive signature de Bach) —un monde de promesses à lui seul. Quant au Magnificat, dans sa version originale en mi bémol et non en ré, comme on le connaît le plus souvent et comme Bach l’a finalement voulu, Gardiner nous a fait la magnifique surprise de nous le donner tel que Bach l’avait d’abord programmé (pur hasard biographique) pour le temps de Noël, intercalant à ses strophes latines des moments a capella allemands qui étaient ceux des Vêpres du temps : moments qui furent excisés dans la version finale, qui n’a plus en rien à évoquer Noël ; mais moments de pure grâce, où quelques solistes, montrant le plus décanté et raffiné de leur intonation et de leur fusion, nous ont offert quelque chose de simplement ineffable. Que tant d’inlassable mise au point aboutisse à cette pure grâce, qui descend sur la Chapelle stupéfaite, c’est le plus beau miracle d’une soirée miraculeuse. Château de Versailles, 10 décembre 2016



Classiquenews.com - Articles

26 novembre

CD, coffret annonce. KATHLEEN BATTLE : The complete Sony recordings (1977 – 2004, 10 cd).

CD, coffret annonce. KATHLEEN BATTLE : The complete Sony recordings (10 cd). Pour les fêtes, Sony classical nous régale en regroupant tous les enregistrements réalisés par la soprano américaine Kathleen Battle chez Sony : elle fut aussi subjuguante, d’un timbre ductile, lumineux, cristallin, comme touché par la grâce… que capricieuse voire impossible, imposant souvent avec une arrogance irrésistible, grâce au seul talent de sa voix… sublime, des caprices de… diva. Mais n’y tenant plus, la direction du Metropolitan Opera (James Levine qui l’avait remarquée et favorisée dans les années 1980 avec Karajan) décidait en 1994 de se séparer de l’impossible capricieuse, dont il fut reproché, un comportement non conforme à une artiste professionnelle. Les années qui suivirent, surtout à partir de 2000, marquèrent sa lente chute, inexorable isolement malgré la faveur populaire dont la soprano coloratoure bénéficiait toujours. Née à Portsmouth (Ohio) le 13 août 1948, la cantatrice brûle la scène à ses débuts en 1972 à Spoleto (Italie, Festival des deux Mondes), où le chef et directeur de l’événement, Thomas Schippers voit en elle, une étoile nouvelle du chant coloratoure. Kathleen Battle n’avait que 24 ans, pourtant inexpérimentée mais et déjà si prometteuse. Mais le diamant de sa voix éclatante et agile ne tarda pas à lui réserver toutes les faveurs des grands chefs : « La Battle », star des années 1980 principalement, fut la grande diva black aux côtés de sa contemporaine, l’immense et plus durable comme plus constante, Jessye Norman. Pour le Concert du Nouvel An du 1er janvier 1987, Kathleen Battle vit ses heures les plus glorieuses : elle chante sous la conduite de Herbert Von Karajan Voix du Printemps, op.410 – Frühlingsstimmen de Johann Strauss II. D’une agilité rayonnante, alliant grâce et volubilité, la soprano enchanta littéralement l’audience… planétaire. Le concert fait partie du legs aujourd’hui édité par Deutsche Grammophon : il ne figure donc pas dans le coffret Sony classical qui nous occupe ici. Au total 10 cd ressuscitant le parcours d’une légende vocale, humainement difficile, et finalement trop fugace. Les enregistrements datent de 1977 (Cantate BWV 202 de JS Bach) à … 2004, soit presque 30 années de chant marqué par ses envolées lyriques d’une évanescence diamantine à l’agilité déconcertante ; en témoigne ici, les enregistrements de la Symphonie n°4 de Maher (Maazel, 1983) ; ses nombreux récitals conçus rien que pour elle et ses goûts, d’où parfois des programmes affectant un certains maniérisme égotique: avec le trompettiste Wynton Marsalis (1990 / 1991) ; avec le guitariste Christopher Parkening (1996), ou avec le flûtiste Jean-Pierre Rampal (1991) ; sans omettre sa coopération en 2000 avec le compositeur Vangelis (Mythodea, avec Jessye Norman), ses albums compilations associant baroques (Handel, Bach…), mélodistes français, traditionnels sacrés et spirituals… La diva n’a pas vraiment marqué de rôle lyrique (sauf peut-être Semele dans Handel dans un enregistrement paru chez DG), mais sa voix céleste dans Don Carlo (Levine, 1992), comme sa Sophie (miellée, aux côtés de La Maréchale de Fleming, également de 1992 avec Levine) pourront paraître pleinement abouties. Grande critique complète du coffret « KATHLEEN BATTLE : The complete Sony recordings » (10 cd, 889853813629), à venir dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com

Jessye Norman

Jessye Norman est une soprano américaine (15 septembre 1945). Véritable soprano dramatique du fait de sa voix imposante, Jessye Norman est particulièrement associée, à ses débuts, aux rôles d'Aïda (Aïda), Cassandre (Les Troyens), Alceste (Alceste), et Léonore (Fidelio), avant d'élargir son répertoire à toute la musique des XIXe et XXe siècles, principalement allemande et française.



[+] Toute l'actualité (Jessye Norman)
10 mars
Classiquenews.com...
1 févr.
Classiquenews.com...
12 déc.
Les blogs Qobuz
29 nov.
Resmusica.com
26 nov.
Classiquenews.com...
21 nov.
En kiosque (via S...
8 nov.
Le blog d'Olivier...
29 oct.
Classiquenews.com...
25 oct.
Le blog d'Olivier...
16 oct.
Resmusica.com
15 oct.
Carnets sur sol
15 oct.
Resmusica.com
14 oct.
Fomalhaut
13 oct.
Le blog d'Olivier...
11 oct.
En kiosque (via S...
23 sept.
Resmusica.com
12 sept.
En kiosque (via S...
5 sept.
Classiquenews.com...
4 sept.
Classiquenews.com...
29 août
Carnets sur sol

Jessye Norman




Norman sur le net...



Jessye Norman »

Grands artistes lyriques

Aïda Alceste The Trojans Strauss Marseillaise

Depuis Janvier 2009, Classissima facilite l'accès à la musique classique et étend son audience.
Avec des services innovants, Classissima accompagne débutants et mélomanes dans leur experience du web.


Grands chefs d'orchestre, Grands interprètes, Grands artistes lyriques
 
Grands compositeurs de musique classique
Bach
Beethoven
Brahms
Debussy
Dvorak
Handel
Mendelsohn
Mozart
Ravel
Schubert
Tchaïkovsky
Verdi
Vivaldi
Wagner
[...]


Explorer 10 siècles de musique classique ...