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Musique classique et opéra par Classissima

Jessye Norman

jeudi 30 juin 2016


Classiquenews.com - Articles

10 juin

CD, compte rendu critique. Mozart : L’Enlèvement au sérail (Jérémie Rhorer, Jane Archibald, septembre 2015 – 2 cd Alpha)

Classiquenews.com - Articles CD, compte rendu critique. Mozart : L’Enlèvement au sérail (Jérémie Rhorer, Jane Archibald, septembre 2015 – 2 cd Alpha). Sous le masque léger, exotique d’une turquerie créée à Vienne en 1782, se précise en vérité non pas la confrontation de l’occident versus l’orient, occidentaux prisonniers, esclaves en terres musulmanes, mais bien un projet plus ample et philosophique : la lutte des fraternités contre le despotisme et la barbarie cruelle (la leçon de clémence et de pardon dont est capable Pacha Selim en fin d’opéra reste de nos jour d’une impossible posture : quels politiques de tout bord est-il capable de nos jours et dans le contexte géopolitique qui est le nôtre, d’un tel humanisme pratique ?). Cette fraternité, ce chant du sublime fraternel s’exprime bien dans la musique de Mozart, avant celle de Beethoven. D’AIX A PARIS… A Aix préalablement et dans la réalisation scénique de l’autrichien Martin Kusej (non pas allemand comme on le lit habituellement), cet Enlèvement, retransposé sans maquillage et en référence direct aux Talibans et à Daech avait marqué les esprits de l’été 2015, par sa radicalité souvent brutale (des textes réécrits, donc actualisés, et parfois, une foire aux actualités contemporaines) dénaturant cependant l’élégance profonde du Mozart originel. C’était de toute évidence exprimer l’acuité polémique brûlante de l’opéra de Mozart, tout en lui ôtant sa part d’onirisme, de rêve éperdu. Presque un an plus tard, le disque sort et avec lui, la magie de la direction musicale et des incarnations vocales, alors saisies sur le vif en un concert sans mise en scène, au TCE à Paris en septembre 2015 : le résultat est au delà de nos attentes, et rrévèle l’engagement irrésistible du chef quadra Jérémie Rhorer. Sans les images (et la vacuité anecdotique de la mise en scène aixoise), la force et la grandeur de la musique nous éclaboussent à plein visage (ou pleine oreille). Alors qu’à Aix il dirigeait le Freiburger BarokOrchester, Jérémie Rhorer dans ce live parisien de légende retrouve ses chers instrumentistes, de son propre orchestre, Le Cercle de l’Harmonie. La direction fourmille d’éclairs, d’éclats ténus, de scintillements sourds et raffinés qui montrent combien Mozar en peintre du cour humain est inatteignable car la grâce sincère que nous fait entendre alors Jérémie Rhorer, exprime au plus près le génie de l’éternel Wolfgang : une langue qui parle l’ivresse et le désir des cœurs, l’aspiration à cet idéal fraternel qu’incarnent toujours, le pacte libertaire du quatuor Belmonte/Constanze, Pedrillo/Blonde. La vitalité continuement juste de l’orchestre saisit de bout en bout. Et depuis Aix, le chef retrouve à Paris les chanteurs du Quatuor : Norman Reinhardt / Jane Archibald, David Portillo / Rachele Gilmore… Assurément son carré d’as, tout au moins pour les 3 derniers d’une suprême vérité. De quoi s’agit-il précisément ? Formidable profondeur et jutesse poétique ce dès l’ouverture qui tout en égrennant à la façon d’un pot-pourri, les motifs les plus essentiels de l’action qui va suivre, dévoile la saisissante fluidité énergique du seul véritable acteur : l’orchestre Le Cercle de l’Harmonie ; les insrtumentistes déploient et diffusent une rondeur suractive que le chef sait exploiter jusqu’à la fin en une énergie réellement irrésistible, live oblige. L’attention de Jérémy Rhorer est de chaque instant, d’une finesse dramatique, rendant compte de tous les accents, nuances, couleurs, chacun exprimé par leur charge émotionnelle, précisément calibrée. C’est d’autant plus juste pour un ouvrage qui reste du côté de l’espérance et de la force des opprimés. L’amour reconstruit une espérance humaine contre la barbarie d’un emprisonnement arbitraire. D’emblée, La vitalité des caractères s’affirme : la Blonde de Rachele Gilmore a certes une voix petite, parfois tirée mais elle demeure très engagée et à son aise d’un chant affûté, vif argent, fragile mais tenance. Saisi sur le vif en septembre 2015, L’Enlèvement au sérail de Jérémie Rhorer confirme la direction du maestro français Justesse de l’orchestre, palpitation des femmes Par ses 3 grands airs, la soprano en vedette (“La Cavalieri” – Caterina Cavalieri, à l’époque de Mozart) peint très subtilement le portrait d’une femme amoureuse, affligée mais digne. C’est d’abord solitude et fragilité de l’être désemparé (seule mais pas démuni : premier air “Durch Zärlichkeit…” acte I) bientôt gagné par un esprit de résistance, la lumière des justes contre l’oppression et la torture… (grand air quasi de concert, de forme fermée : “Martern aller Arten”…, le pivot dramatique du II, magnifiquement porté par l’engagement incarné par la soprano Jane Archibald qui chante toutes les variations : saluée à ses débuts français à Nantes dans un somptueux et onirique (voire vaporeux) Lucio Silla, la soprano captive par la vérité de son chant impliqué, intense, qui s’expose sans réserve pour tenir fièrement malgré la violence de son geôlier, Selim : en elle, pointe la noblesse héroïque de la future Fiordiligi, cœur ardent, âme inflexible : une vraie résistante prête à mourir (duo final avec Belmonte, où les deux amants se croient condamnés sans perdre leur courage). Saluons surtout chez Archibald, le caractère de la souffrance aussi, cultivant le lugubre saisissant (présence de la mort), pour les colonnes de bois, aux lueurs maçonniques telles qu’elles scintilleront 9 ans après L’Enlèvement, dans La Flûte enchantée (1791) où à la solitude de Constanze répond, comme sa sœur en douleur, la prière de Pamina… Au cours de l’enchaînement des actes I puis II, qui fait se succéder les deux airs si décisifs de Contanze, l’orchestre et sa sculpture instrumentale si bien affûtée dessinent en contrepoint de la sensibilité radicale de la jeune femme, un climat tendu et raffiné, d’essence Sturm und Drang, tempête et passion effectivement-, dont les éclairs et tonnerre émotionnels sont d’autant plus renforcés par contrastes / renfort que la succession des séquences du I au II, alors, oppose le cœur noble mais indéfectible de Constanze à la fureur électrique (hystérique animale) du Pacha, puis de la non moins intense confrontation Pedrillo / Osmin. Terrifiante confrontation des êtres en vérité. Il n’est que la tendresse plus insouciante de Blonde (air d’une féminité angélique aérienne : “Durch Zärlichkeit…” qui ouvre le II). Et à travers les confrontations occidentaux / musulmans, l’exhortation au dépassement des rivalités, par l’amour et par la clémence précise, suprême leçon d’humanisme, l’espérance de la musique de Mozart, sublime par la justesse de son invention. On aura rarement écouté pareille réalisation associant chant des instruments, prières vocales. Moins convaincant reste Norman Reinhardt : il ne donne aux soupirs de Belmonte amoureux, q’un chant moins propre, contourné, assez imprécis, souvent maniéré, moins percutant que le brio de ses partenaires, voire carrément gras et épais (Wenn der Freude Tränen fliessen… escamoté par un manque persistant de simplicité). Au III, la préparation de l’évasion / enlèvement piloté par l’ingénieux Pedrillo (excellent et racé David Portillo), puis l’enlèvement proprement dit (In Mohrenland entonné sur un orchestre guitare aux pizzicati enchanteurs…), forment des ensembles triomphants comme une délicieuse marche militaire, qui dit la certitude et la complicité solidaire des prisonnières et de leurs libérateurs inespérés…. tout cela est toujours porté par l’ivresse et une frénésie scintillante à l’orchestre d’une activité prodigieuse ; Jérémie Rhoroer laisse chaque accent de cette humanité exaltée, respirer, s’épanouir avec une classe magistrale. La vision du chef organise et édifie peu à peu tout ce que la mise en scène aixoise n’atteignait que rarement : le formidable élan progressif qui en fin d’action aiguise le dernier chant mozartien : fustigeant les haineux caricaturaux (Osmin et sa cruauté sadique), sublimant la lyre éperdue, mais tristement non triomphante du dernier ensemble où chacun dit sa liberté, avant d’être probablement égorgés par le bourreau qui même s’il en est le serviteur, passe outre la clémence proclamée de son maître. Saisissante perspective. TRAVAIL D’ORCHESTRE. L’enregistrement live de septembre 2015 suit les représentations scéniques aixoises de juillet précédent, ainsi l’on peut dire donc (et constater que Rhorer possède son Sérail : tout cela coule dans ses doigts et jusqu’à l’extrémité de sa baguette, offrant une leçon de direction fluide, raffinée, précise et vivante, étonnament précise, imaginative, naturelle. En réalité, la valeur de ce coffret d’autant plus attendu que le moment du “concert” à Paris avait marqué les esprits, confirme l’impression du public du 21 septembre 2015 : le chant de l’orchestre – des instruments d’époque, rétablit la proportion originelle de la sensibilité mozartienne, où chaque phrase instrumentale, qu’il s’agisse des solos piano ou des tutti rugissants orientalisants, s’accorde naturellement à la voix humaine, dont la vérité et la sincérité sont constamment préservés. Le sommum étant attient ici dans les épisodes où les trois meilleurs chanteurs donnent tout, en complicité avec un orchestre ciselé, dramatiquement superbe et parfaitement canalisé : Jane Archibald (Constanze troublante), David Portillo (Pedrillo ardent, ingénieux, tendre), Mischa Schelomianski (Osmin noir et barbare)… La réalisation voix / orchestre tient du prodige et, sous la coupe sensible, fièvreuse du chef Jérémie Rhorer, confirme (s’il en était encore besoin), l’irresistible poésie expressive des instruments d’époque. C’est dit désormais : plus de Mozart sans instruments modernes, ou alors avec intégration totale du jeu “historiquement informé”. La corde du sentiment y vibre dans toute sa magicienne vérité. Magistral. Un must absolu à écouter et réécouter sur les plages de cet été 2016. CD, compte rendu critique. Mozart : L’Enlèvement au sérail. Jane Archibald, David Portillo, Rachele Gilmore, Mischa Schelomianski, … Le Cercle de l’Harmonie. Jérémie Rhorer, direction. Live réalisé à paris au TCE en septembre 2015 – 2 cd Alpha, collection “Théâtre des Champs Elysées”). CLIC de CLASSIQUENEWS de juin 2016.

Resmusica.com

20 juin

Jérémie Rhorer, dans son premier opéra de Mozart au disque

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Die Entführung aus dem Serail, Singspiel en trois actes K.384. Avec : Jane Archibald, Konstanze ; Norman Reinhardt, Belmonte ; Mischa Schelomianski, Osmin ; David Portillo, Pedrillo ; Rachel Gilmore, Blonde ; Christoph Quest, Selim. Ensemble Aedes (direction : Mathieu Romano), Le Cercle de l’Harmonie, direction : Jérémie Rhorer. 2 CDs Alpha 242. Enregistré le 21 septembre 2015 au Théâtre des Champs-Elysées. Notice trilingue (français-anglais-allemand). Durée : 120’51.






Carnets sur sol

13 avril

Château de Versailles 2016-2017

Alors que la saison va progressivement être dévoilée sur leur site à partir de cette semaine, voici un petit récapitulatif de ce qui sera annoncé – grâce à Faust qui s'est fondu dans la foule des Mécènes du Château pour nous fournir tous les précieux éléments que je réexploite ici. La saison de la Philharmonie est peut-être un peu gentillette , mais du côté lyrique, il y aura de quoi faire la saison prochaine en Île-de-France. L'Opéra de Paris propose déjà quelques jolies choses (un Cavalli par Alarcón, un Rimski-Korsakov rare, quelques productions prometteuses comme ces doubles distributions de Lohengrin ou Onéguine…), l'Auditorium du Louvre rejouera le programe Cœur de Dumestre (avec le fabuleuse Eva Zaicik au lieu de Claire Lefilliâtre – l'écart stylistique sera tout aussi important avec les hommes !) et présentera Les Éléments de Lalande et Destouches, le Théâtre des Champs-Élysées déborde de fêtes pour l'opéra romantique italien et français (Norma sur instruments d'époque par Fasoli, La Reine de Chypre, un des bons ouvrages d'Halévy, Boccanegra, le Requiem de Verdi, Carmen, Andrea Chénier dans des distributions luxueuses)… même la Philharmonie a mis ses grands efforts de ce côté-là, avec 3 oratorios de Schumann et Mendelssohn par les meilleurs (Harding, Pichon, Gerhaher, Goerne), la venue du Bolchoï pour un Tchaïkovski très rare en France, ou encore la reprise d'El Niño d'Adams par le LSO… À l'Opéra-Comique, on annonce quelques grandes réjouissances comme La Nonne sanglante, grand opéra de Gounod directement inspiré de Meyerbeer (et très réussi, une de ses meilleures œuvres) ou Le Timbre d'argent, un inédit de Saint-Saëns. Mais si vous aviez déjà réservé, vous pouvez vider votre agenda : Versailles a annoncé en cercle restreint sa saison prochaine. Et. Fuyez, fuyez tant qu'il en est encore temps ! En rouge, les productions scéniques. En bleu, les versions de concert. Soulignées, les choses rares et exaltantes que vous ne reverrez plus jamais. Premiers opéras italiens ¶ Monteverdi – La Favola d'Orfeo – Arts Flo, Agnew. Passe aussi à la Philharmonie, avec Auvity dans le rôle-titre. ¶ Monteverdi – L'Incoronazione di Poppea – Grüber, d'Hérin. Grüber avait très bien réussi Ulysse au début des années 2000, autrement difficile à tenir… Un peu moins enthousiaste sur d'Hérin (formidable dans le ba roque et le classique français !) dans ce répertoire . ¶ Rossi – Orfeo – Mijnssen, Pygmalion, Pichon. Reprise de la production fantastique qui a tourné cette année : le plus grand spectacule de cette saison à mon avis, à voir absolument si la distribution demeure de même niveau Francesca Aspromonte revient ! XVIIe anglais ¶ Purcell – Dido and Æneas – Roussat & Lubeck, Dumestre. La production de Cécile Roussat & Julien Lubeck, déjà passée à Versailles en 2014, et captée à Rouen la même année (désormais disponible en DVD) était, visuellement comme musicalement, bouleversante – difficile de trouver une lecture plus effrayante et intense. Distribution totalement renouvelée : Mireille Delunsch y retrouve le rôle principal, qu'elle n'avait pas pratiqué depuis longtemps , me semble-t-il. Également avec Benoît Arnould (Énée), Katherine Watson (Belinda), Cyril Auvity (un Marin ?), Nicholas Tamagna (le meilleur Esprit du marché), Caroline Meng (l'Enchanteresse ?), Lucile Richardot, Jenny Daviet. ¶ Purcell – King Arthur – production des époux Benizio, Niquet. Avec Tauran, Santon, M. Vidal, Labonnette, J. Fernandes ! Tragédie en musique et musiques de scène françaises ¶ Lully – Monsieur de Pourceaugnac – Hervieu-Léger, Christie. ¶ Lully – Le Bourgeois gentilhomme – Podalydès, Coin. Avec notamment Romain Champion et Marc Labonnette. ¶ Charpentier – Médée – Pynkoski, Opera Atelier Toronto, Fallis. L'ensemble, à la pointe du mouvement aux Amériques, continue de remonter les grands standards de la tragédie en musique du XVIIe siècle. Pynkoski fait très bien avec peu de moyens, et si les émissions canadiennes sont en général assez en arrière, le tout est toujours habité d'un respect scrupuleux du style. Pour ce qui est potentiellement (avec une poignée d'autres concurrentes) la meilleure tragédie en musique jamais écrite, voilà qui fait plutôt envie. Avec Jesse Blymberg, Colin Ainsworth et Olivier Laquerre. ¶ Marais – Alcyone – Moaty, Savall. Également donné à l'Opéra-Comique. Pour avoir entendu Savall en jouer des pièces d'Alcyone mises en suite, la sècheresse et la raideur étaient assez redoutables sans la réverbération des mixages Alia Vox, mais il a pas mal travaillé ce répertoire depuis et affiné son style. Ce sera peut-être très bien. Je n'adore pas cet opéra (ni ceux de Marais en général, à l'exception de Sémélé qui dispose d'un demi-caractère particulier), le livret étant ce qu'il est, et la musique de Marais un peu tourmentée et virtuose pour mes goûts, plus musicale que dramatique d'une certaine façon, à une époque où la musique n'était pas aussi émancipée que chez Rameau. Mais on ne l'a guère entendu depuis Minkowski et Christie au début des années 1990 : en 2008 avec Armonico Tributo à Vienne, et en 2011 à Bilbao et… Sablé-sur-Sarthe, par les Folies Françoises. D'autant que le distribution fait très envie : Bayodi-Hirt, Bennani, Desandre, Auvity, Guimaraes, Mauillon, Abadie, Abete ! ¶ Rameau – Zoroastre – Pichon. Un des meilleurs opéras de Rameau avec Castor et les Boréades , tous deux donnés il n'y a pas si longtemps. Livret aux péripéties assez linéaires, mais très animé. Et puis Courjal dans un grand rôle de méchant baroque qui réclame de beaux graves ! Avec Piau, Desandre, Mechelen, Courjal, Immler. Opéra seria ¶ Haendel – Rodelinda – Il Pomo d'Oro. Également donné au TCE. Ensemble particulièrement persuasif dont j'ai dit déjà le plus grand bien. Avec Kalna, Lemieux, Hamarström, DQ Lee, Ainsley, Weisser. ¶ Vivaldi – Arsilda, Regina di Ponto – Radok, Collegium 1704, Luks. À mon avis le meilleur ensemble actuel pour ce répertoire, d'assez loin. La fougue et l'articulation de ces tchèques est redoutable. Classique italien ¶ Mozart – Don Giovanni – I. Alexandre, Minkowski. Avec Bou, Barbeyrac, Skerath, Gleadow… La trilogie Da Ponte est prévue pour la saison suivante. Classique français ¶ Salieri – Les Horaces – Rousset. Il reste, après les Danaïdes (déjà données par Rousset à Versailles, et enregistrées) et Tarare (sur lequel CSS prépare actuellement un long dossier), un dernier opéra de Salieri en français… et celui-là, il n'a pas été redonné çà ou là. Avec les deux chefs-d'œuvre ultimes précités, on s'attend forcément un peu à une découverte fulgurante (tout à Tarare, je n'ai pas encore ouvert la partition). Avec Wanroij, E. Lefebvre, Dran, Dubois, Bou, Foster-Williams, Ph.-N. Martin. Romantique italien ¶ Rossini – Elisabetta, Regina d'Inghilterra – Spinosi L'œuvre est une horreur pour tous les amoureux de la musique, comme si Rossini avait voulu caricaturer Donizetti avant même son entrée en fonction : des pages entières sur deux à trois accords, sans modulations, de la virtuosité se résumant à des gammes… C'est, au mieux, une suite d'exercices pour entendre ses gosiers préférés. Dommage, parce qu'en l'occurrence, entre le Chœur Arnold Schönberg, la grande voix d'Alexandra Deshorties, la souplesse de Norman Reinhardt (dont le timbre évoque beaucoup Kunde), le mordant de Barry Banks et le tranchant de l'Ensemble Matheus, ce sera servi dans les meilleures conditions possibles – me donnerait presque envie d'y aller, tenez. ¶ Rossini – La Cenerentola – Blersch, Les Musiciens du Prince, Fasolis. Une mise en espace avec costumes comme jadis à Pleyel. Avec Bartoli, Nikiteanu, C. Chausson, Corbelli… Les autres Fasolis sont avec I Barrochisti. Romantique français ¶ Saint-Saëns – Proserpine – Radio de Munich, Schirmer Revoici la fine équipe pour un nouvel inédit. Ce n'est pas le Saint-Saëns le plus aventureux (selon la logique d'exploration d'Alexandre Drawicki : prévilégier la couleur du temps plutôt que les nouveautés comme le font les histoires de la musique en général), il y a vraiment peu d'audaces harmoniques (et encore moins rythmiques), mais la lecture de la partition m'avait paru alléchante, pas mal de procédés très adroits où l'on sent la patte d'un maître (de petites carrures rythmiques qui parcourent des scènes entières, par exemple). C'est plutôt la cantate Frédégonde qui suscite ma curiosité, mais parmi les opéras à remonter, cette Proserpine m'attirait beaucoup. Et distribution de feu, comme toujours : Gens, M.-A. Henry, Tilquin Vidal, Antoun, Foster-Williams, Lavoie, Sagsyan, Teitgen ! Deux opéras qui figuraient dans ma liste de souhaits absolus et improbables d'opéras que je voudrais entendre avant que mes atomes n'aillent seconder l'économie maraîchère, très beau score, surtout ajouté au reste. Et puis on me redonne le Rossi que j'ai raté, c'est trop gentil, il ne fallait pas. À cela s'ajoutent quantité de concerts sacrés et profanes : ¶ Louis XIII sacré : messe de Boësset, Litanies de Moulinié, Scènes sacrées de Bouzignac par Schneebeli. ¶ Motets et élévations de Dumont par Daucé. ¶ Grands Motets de Lalande par Schneebeli. ¶ Il Trinfo della Divina Giustizia de Porpora par Les Accents. ¶ Messe du Sacre de Napoléon par Méhul (avec la Cinquième de Beethoven pour faire bonne mesure) par Les Siècles, à la Chapelle Royale. Et puis quantité de grands classiques : Vêpres de Monteverdi par Pichon, Grands motets de style Louis XIV, Leçons de Couperin par Dumestre, Magnificat de Bach par Gardiner, la Saint-Jean par la Chapelle Harmonique, Messie par Christie. Pour couronner le tout, une soirée Jaroussky autour d'Orphée… les dernières catégories sont à 70€, amusez-vous bien. Le choix devient de plus en plus terrifiant.

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5 avril

Livre, événement. Compte rendu critique. Philippe Quinault : livrets d’opéra par Buford Norman, 3ème édition revue et corrigée (Editions Hermann)

Livre, événement. Compte rendu critique. Philippe Quinault : livrets d’opéra. Présentés et annotés par Buford Norman, 3ème édition (Editions Hermann). Les livrets de Philippe Quinault sont d’abord des textes littéraires que les contemporains de Lully lisaient comme des œuvres d’art indépendantes. C’est pourquoi le mythe Quinault existe bel et bien, et même célébré du vivant de l’auteur. A l’époque où la France invente la tragédie lyrique, les modèles du théâtre parlé de Corneille et Racine pèsent de tout leur poids et au regard de l’importance de la rhétorique comme de l’éloquence, nul doute que le livret d’opéra participe étroitement à la société baroque de l’écrit et du discours théâtral. C’est bien ce que nous indique clairement Buford Norman, dans cette 3ème édition de son livre “Philippe Quinault : Livrets d’opéras”. Clarté, vraisemblance, bienséance, équilibre et cohérence formelles sont les qualités intrinsèques des livrets ciselés par Quinault. Voltaire, auteur du Siècle de Louis XIV a bien synthétisé tout ce qui fait pour lui et aujourd’hui pour nous, la réussite et la séduction des livrets de Philippe Quinault : la douce harmonie de la poésie, le naturel et la vérité de l’expression… L’impact de chaque texte tragique de Quinault dépasse largement les meilleurs succès de Racine ou de Thomas Corneille (Timocrate), et Quinault est même mieux payé pour chaque texte que ses confrères théâtreux… c’est dire combien Voltaire a raison de les prendre en haute estime, emblèmes particulièrement aboutis d’un siècle d’excellence pour l’art et le style français. En cela Thésée, 3ème tragédie en musique reste le plus grand triomphe de Quinault, comptant un nombre impressionnant de reprises (200 représentations entre 1675 et 1685). Le profil du poète librettiste se précise encore grâce à la remarquable introduction aux livrets eux-mêmes : élève des écrivains Tristan l’Hermite puis de Philippe Mareschal, Quinault devint avocat en 1655, écrivit l’un des plus grands succès du siècle : Astrate en 1665, fut élu à l’Académie française en 1670, et écrivit ses 16 pièces de 1655 à 1671. 11 tragédies en musique présentées, commentées, annotées par Buford Norman Philippe Quinault, un génie poétique et littéraire En définitive, la tragédie en musique s’appuie sur un texte solide, dont l’idéal esthétique n’est pas de reproduire la nature (et les passions humaines) mais de l’imiter, où le Roi s’il demeure un sujet idéalisé et directement encensé dans le Prologue (Prélude), apparait souvent en héros faillible et pluriel (Admète, Egée…) dans le déroulement de l’action qui suit. Même si les courtisans recherchent et trouvent des références à des épisodes véridiques de l’histoire du Roi à Versailles, l’évolution proprement littéraire et poétique de Quinault du début à la fin de sa carrière comme librettiste d’opéras, met en lumière une vision nuancée et complexe, de plus en plus sombre de l’âme humaine, ses ressorts et son destin, où l’amour s’il paraît triomphant au début, renonce à toute lumière à la fin, à la fois solitaire, insatisfait, impuissant (Roland, Armide). On voit bien que l’anecdote s’efface devant l’épaisseur et la profondeur des livrets de Quinault. La présente édition sélectionne et annote les 11 livrets que Philippe Quinault écrivit pour Lully entre 1673 et 1686, 13 ans d’une coopération idéale, celle qui compose les binômes exemplaires que sont aussi Monteverdi et Busenello pour l’opéra vénitien, et bientôt Da Ponte et Mozart au XVIIIè, ou Richard Strauss et Hofmannsthal au XIXè. Autant d’instants d’une exceptionnelle entente dont les fruits ont manifesté tous les désirs et les fantasmes poétiques et littéraires comme esthétiques et musicaux de leur époque. Buford Norman nous démontre combien le verbe poétique de Quinault suscite l’admiration par sa douceur et son équilibre, sa clarté comme sa justesse psychologique. Le lecteur prend un très grand plaisir à lire et relire les mythes lyriques qui ont enchanté les contemporains de Louis XIV et le Roi-Soleil lui-même. Lecture indispensable. Livre, événement. Compte rendu critique. Philippe Quinault : livrets d’opéra. Présentés et annotés par Buford Norman, 3ème édition revue et corrigée. 840 pages. Parution : février 2016. ISBN : 978 2 7056 9187 5. Prix indicatif : 46 euros (Editions Hermann). CLIC de CLASSIQUENEWS.COM

Jessye Norman

Jessye Norman est une soprano américaine (15 septembre 1945). Véritable soprano dramatique du fait de sa voix imposante, Jessye Norman est particulièrement associée, à ses débuts, aux rôles d'Aïda (Aïda), Cassandre (Les Troyens), Alceste (Alceste), et Léonore (Fidelio), avant d'élargir son répertoire à toute la musique des XIXe et XXe siècles, principalement allemande et française.



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