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Musique classique et opéra par Classissima

Jessye Norman

jeudi 29 septembre 2016


Classiquenews.com - Articles

5 septembre

Cecilia Bartoi chante NORMA

Classiquenews.com - Articles PARIS, TCE. Cecilia Bartoli chante Norma de Bellni. 12, 14, 16, 18 octobre 2016. Automne Bellinien en Europe. Les grandes divas ressuscitent le bel canto romantique italien. Sonya Yoncheva chante Norma elle aussi à Londres (Royal Opera House, 12-26 septembre 2016) : voir à Paris la production de Norma par Cecilia Bartoli (né à Rome en 1966), créée au disque puis à la scène (festival de Salzbourg, Monte-Carlo). La tradition du XIXè lyrique a imposé peu à peu les sopranos éthérées, claires dans le rôle titre conçu par Bellini ; mais ce dernier a bel et bien réécrit le rôle pour la tessiture et les moyens vocaux de son égérie, Maria Malibran, mezzo, formidable actrice par son médium corsé et agile. Une caractéristique que notre mezzo romaine a bien signalé et qui lui inspire son choix de chanter aujourd’hui le rôle, emblématique du romantisme lyrique italien. Rappelons nous en 2006, il y a 10 ans déjà, Cecilia Bartoli avait fait de même pour le rôle de La Somnambule / Sonnambula, également réécrit par Bellini pour un mezzo lyrique et dramatique . C’est peu dire que « La Bartoli » caractérise et nuance chaque mot, sculptant le verbe lyrique comme si le chant était une pâte apte à être colorée, ciselée; incarnée. Le style, la localité chaude et fluide, agile et expressive, le legato et le sens des phrasés affirment aujourd’hui une Norma de choc qui fait les veaux soirs du TCE – Théâtre des Champs Elysées à Paris, pour 4 dates d’octobre : 12, 14, 16 et 18 octobre 2016. La mise en scène signée par le duo Caurier / Leiser transpose l’action antique romaine et gauloise dans l’Italie des années 1940, où pèse l’atmosphère grave et noire du nazisme en Europe ; occupation imposée qui révèle les tempéraments, résistants ou complaisants. La vision musicale défendue par Cecilia Bartoli éclaire la partition d’un regard neuf, bénéficiant d’une couleur vocale différente pour Norma, des timbres des instruments d’époque de l’orchestre requis. Les duos entre les deux femmes, pourtant rivales, mais finalement solidaire, Adalgisa et Norma, y gagnent une vérité renforcée, subjuguante. Paris, TCE, Théâtre des Champs Elysées Cecilia Bartoli chante Norma de Bellini (1831) 4 représentations parisiennes MERCREDI 12 OCTOBRE 2016, 19h30 VENDREDI 14 OCTOBRE, 19h30 DIMANCHE 16 OCTOBRE, 17h MARDI 18 OCTOBRE, 19h30 2h30 dont un entracte RESERVEZ VOTRE PLACE Diego Fasolis, direction Patrice Caurier, Moshe Leiser, mise en scène Cecilia Bartoli, Norma Rebeca Olvera, Adalgise Norman Reinhardt, Pollion Péter Kálmán, Orovèse Rosa Bove, Clotilde Reinaldo Macias, Flavius I Barocchisti Coro della Radiotelevisione svizzera, Lugano PRETRESSE TRAHIE Norma, est prêtresse à la lune et fille du druide Oroveso, mariée secrètement au Consul romain Pollione mais honteusement trahie par lui, alors qu’elle a eu deux fils du romain. Mais l’homme est faible et lui préfère à présent une jeunette plus adorable (Adalgisa, elle aussi prêtresse gauloise). La tendresse du rôle, son caractère noble et énigmatique, sa moralité aussi font du personnage de Norma, sublime vertueuse, l’un des plus complexes et admirable du répertoire romantique italien. Bellini et son librettiste Romani excellent aussi à peindre l’amitié entre les deux femmes, toutes deux liées à Pollione, mais inspirées par un idéal de loyauté des plus respectables. Adalgisa jure d’infléchir le coeur de Pollione pour qu’il revienne auprès de Norma et ses deux garçons (duo magique Norma / Adalgisa : « Si, fino all’ore », acte II). Ainsi c’est dans la mort et les flammes, que Norma et Pollione se retrouvent unis pour l’éternité. Car comme le public depuis la création de l’oeuvre en 1831, le romain a succombé finalement devant la grandeur morale et sacrificielle de son ancienne compagne… Sur les traces de la créatrice de Norma, Giuditta Pasta, Sonya Yoncheva et Cecilia Bartoli endossent ainsi à l’atome 2016, l’un des rôles qui pourraient bien davantage affirmer leur étonnante subtilité vocale comme leur instinct dramatique. CD. LIRE aussi notre compte rendu critique complet du cd La Somnambule / La Sonnambula de Bellini (L’Oiseau Lyre)

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23 septembre

Nouvelles annulations préoccupantes de Jonas Kaufmann

Comme en informe notre confrère Norman Lebrecht, Jonas Kaufmann vient d’annuler plusieurs représentations à Munich (Les Maîtres Chanteurs où il […]




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4 septembre

La Belle Hélène d’offenbach, version Pisani à Marseille

MARSEILLE, Opéra. Offenbach: La Belle Hélène. Les 15 et 16 octobre 2016. Offenbach parodie l’Antiquité… le Mozart des boulevards incarnent cette joie de vivre, cette liberté satirique, sublimées par une écriture musicale en verve ; son théâtre illusoirement léger et insouciant, épingle scrupuleusement les travers de la société artificielle du Second Empire… Comme Rameau et sa folle comédie déjantée Platée, le compositeur romantique renouvelle l’exercice poétique : il tend le miroir à la société de son temps et renvoie à l’audience la représentation à peine masquée (mais maquillée certes) de ses propres turpitudes. déjà présentée à l’Opéra de Tours, La Belle Hélène (opérette irrésistible de 1864), confirme les affinités du metteur en scène Bernard Pisani (un spécialiste de la partition qui l’a abordé à 4 reprises…) . Le prétexte mythologique permet de parodier les tares et les faiblesses d’une humanité frivole et insouciante, totalement irresponsable car ici la satire politique affleure dans chaque séquence. Féline, amoureuse, vive, Hélène affirme un tempérament vocal et dramatique qui inspire depuis longtemps les plus grandes cantatrices, preuve que l’ouvrage est plus profond et raffinés que vraiment caricatural. Songeons à ce qu’en donnait l’exquise et allusive Jessye Norman qui inscrit le rôle à son répertoire… Elégance, souplesse, ivresse mélodique … pour Pisani, La Belle Hélène rassemble toute les qualités d’une grande œuvre : une opérette dont la subtilité se rapproche de l’opéra; politiques véreux mais très arrogants, déesses dévergondées et bergers complices portés sur la cabriole… Le stupre sévit souverain au début du II ; Hélène, madame Mélénas s’encanaille à la barbe de son époux, soupçonneux, maladroit, ennuyeux car quand paraît le beau Pâris, la blonde fille de Jupiter et Léda n’a d’yeux que pour le mâle sculpté comme un éphèbe. Ainsi, sans qu’il n’y puisse rien, Mélénas découvre en fin d’action que le berger adolescent (déguisé en faux augure) et la plus belle femme du monde convolent sur la galère qui les mènera aux pays des rêves et de l’extase, à Cythère (comme l’a représenté le peintre Watteau)… Divertissement certes, mais Offenbach comme Rameau donc, dans sa formidable Platée (préfiguration de la future comédie musicale à venir, déjà en 1745….) revêt les traits d’une âpre diatribe sociale et humaine: la société portraiturée dans La Belle Hélène sous couvert de gags à gogo et de tableaux délirants et décalés grossit les travers d’une humanité corrompue, décadente, en somme celle du Second Empire… Et Offenbach plus cultivé astucieux qu’on ne le dit, La production présentée en octobre à Marseille, a déjà fait escale (applaudie) à Tours en décembre 2015, Avignon en 2012 puis en 2014 à Toulon… La Belle Hélène d’Offenbach à l’Odéon de Marseille 2 représentations incontournables Les 15 et 16 octobre 2016 à 14h30 RESERVEZ VOTRE PLACE Opéra bouffe en trois actes Livret de Henri Meilhac et Ludovic Halévy, adapté par Bernard Pisani Création le 17 décembre 1864 à Paris Opéra bouffe en 3 actes
Livret de Henri MEILHAC et Ludovic HALÉVY Direction musicale: Emmanuel TRENQUE Mise en scène: Bernard PISANI Assistant mise en scène: Sébastien OLIVEROS Décors: Eric CHEVALIER Hélène: Laurence JANOT Bacchis: Carole CLIN Parthénis: Nelly BOIS Loeena: Lorrie GARCIA Pâris: Kévin AMIEL Oreste: Samy CAMPS Calchas: Michel VAISSIERE Agamemnon: Philippe ERMELIER Ménélas: Dominique DESMONS Achille: Jean-Marie DELPAS Ajax I: Jacques LEMAIRE Ajax II: Yvan REBEYROL Choeur Phocéen, chef de choeur Rémy LITTOLFF Orchestre du Théâtre de l’Odéon Conférence à l’Alcazar SAMEDI 8 OCTOBRE 2016 À 17h

Carnets sur sol

29 août

2016-2017 : les opéras rares en France et en Europe

Cette année encore, petit tour d'horizon des œuvres plus rares qui passeront en France (et en Europe) dans la saison à venir. Classés par genre (chronologique et linguistique). ♥ Indique la cotation d'un spectacle vu. ♣ Indique la supposition personnelle de l'intérêt du spectacle. (1 indique plutôt un conseil négatif, à partir de 2 le conseil est positif, et de 3 plutôt vivement conseillé.) CSS à la conquête de l'Europe. Étranges putti sexués – dont l'un aux traits de l'impératrice ! – dans le décor de la bibliothèque de Napoléon à Compiègne. Sur les bagages, il est inscrit Buon viaggo in Cor… (« Bon voyage en Cor… ») et Posa piano (« Repose-toi bien »). PREMIERS OPÉRAS Rossi – Orfeo – Bordeaux, Caen, Versailles Encore présente cette saison, la production déjà en tournée la saison passée. Œuvre historiquement incontournable, remarquable musicalement, et servie au firmament par les artistes (Ensemble Pygmalion, et Francesca Aspromonte en Euridice). [notule ] → ♥♥♥♥♥ Cavalli – Eliogabalo – Garnier Un Cavalli rare, avec García Alarcón (grandement pourvu pour ce style), Fagioli et Groves. → ♣♣♣♣ Cavalli – La Calisto – Strasbourg Le Cavalli emblématique, dans un environnement surprenant de talentueux non spécialistes : Rousset, Tsallagova, Remigio, Genaux, de Mey. → ♣♣♣ OPERA SERIA Haendel – Israel in Egypt – Reims Bijou absolu de l'oratorio (surtout si la version retenue contient la déploration d'origine). Avec les Cris de Paris et les Siècles, très appétissant. (Direction Jourdain, avec notamment Redmond, Boden et Buffière). → ♣♣♣♣ Vivaldi – Arsilda, regina di Ponto – Caen Un Vivaldi rare, avec le fulgurant Vaclav Luks. → ♣♣♣ (parce que je n'aime pas plus le seria que ça, mais sinon…) Porpora – Il Trionfo della divina giustizia – Versailles Oratorio virtuose, avec le fin du fin de l'école seria française : Staskiewicz, Galou, et en prime Negri. → ♣♣♣ (idem) OPÉRA FRANÇAIS XVIIIe Lalande-Destouches – Les Éléments – Louvre Extraits (excellent interprétés) de cet opéra-ballet paré d'un grand succès en son temps. Le disque vient de paraître et vaut vraiment le détour. → ♥♥♥♥ Marais – Alcyone – Favart Retour d'une œuvre qui n'a pas, je crois bien, été rejouée depuis Minkowski au début des années 90. Le livret de La Motte n'est pas bon, et ce n'est pas le meilleur titre de Marais, mais les danses sont belles (et la tempête légendaire). Ce sera joué par Savall, qui n'a pas toujours brillé dans ce répertoire (il ne faut pas se fier aux disques Alia Vox, fabuleusement captés et traités, qui ne reflètent pas la sècheresse réelle de l'ensemble) ; il semble néanmoins s'être amélioré, et s'être entouré ici d'excellents spécialistes. → ♣♣ Rameau – Zoroastre – Versailles Suite des explorations de Pichon, avec ce titre splendide très peu joué. Avec Piau, Mechelen, Courjal, Immler. → ♣♣♣♣ Boismortier – Don Quichotte chez la Duchesse – Compiègne L'une des œuvres les plus jubilatoires de tout le répertoire de l'opéra. Néanmoins la production des époux Benizio rend discontinu ce qui était au contraire d'une densité extraordinaire (les ariettes ne font pas une minute, tout n'est que de l'action !). → ♥♥♥ (l'œuvre vaut le maximum, mais le résultat est ce qu'il est… mitigé) Sacchini – Chimène ou le Cid – Massy, Saint-Quentin-en-Yvelines Au milieu d'une production très plate, de très loin le plus bel opéra de Sacchini, par Julien Chauvin et son nouveau Concert de la Loge Olympique . → ♣♣♣♣ Salieri – Les Horaces – Versailles Le dernier opéra français de Salieri, après Les Danaïdes et Tarare , deux chefs-d'œuvre absolus. Les espoirs sont grands, a fortiori en considérant le sujet et les conditions de remise à l'honneur : Rousset, Wanroij, Lefebvre, Dran, Dubois, Bou, Foster-Williams, Lefebvre ! → ♣♣♣♣♣ Lemoyne – Phèdre – Bouffes du Nord, Caen Recréation d'un opéra de la fin de la tragédie en musique. Véritable découverte. → ♣♣♣♣ BELCANTO ROMANTIQUE Rossini – Elisabetta, regina d'Inghilterra – Versailles L'un des plus mauvais Rossini, pauvre comme un mauvais Donizetti : l'impression d'entendre pendant des minutes entières de simples alternances dominante-tonique, sans parler des modulations à peu près absentes, le tout au service d'une virtuosité qui ne brille pas forcément par son sens mélodique. Pour compenser, une direction nerveuse sur instruments anciens (Spinosi & Matheus) et une distribution constellée de quelques-uns des plus grands chanteurs en activité, Alexandra Deshorties (une des plus belles Fiordiligi qu'on ait eues), Norman Reinhardt (Kunde redevenu jeune !), Barry Banks… → ♣♣ Rossini – Ermione – Lyon, TCE Tournée lyonnaise annuelle, cette fois sans Pidò. Avec Zedda, Meade, Spyres, Korchak, Bolleire. Rossini – Il Turco in Italia – Toulouse Le plus bel opéra de Rossini, de très loin : un livret remarquablement astucieux que Romani (avec une posture méta- très insolite pur l'époque) emprunte à Mazzolà (il existe donc un opéra de Franz Seydelmann sur le même sujet, que je suis en train de me jouer, j'en parlerai peut-être prochainement) ; la musique est du meilleur Rossini comique, avec des ensembles extraordinairement variés et virevoltant, mais elle s'articule surtout parfaitement à un drame finement conçu. Avec Puértolas, Corbelli (Geronio) et Spagnoli (Selim). → ♣♣♣♣♣ Donizetti – Le convenienze ed inconvenienze teatrali – Lyon Donizetti comique très peu donné, dans une mise en scène de Pelly, avec Ciofi et Naouri. Verdi – Ernani – Toulouse On n'est plus exactement dans le belcanto, même si Verdi en reprend alors encore largement les contours, mais c'est plus facile à classer comme ça, pardon. Très peu donné en France, celui-là ; un massacre de l'original (non voulu par Verdi, mais la censure lui a imposé de changer tout ce qui faisait la spécificité du texte d'Hugo… on se doute bien que le roi dans l'armoire, prévu par Verdi, faisait tordre le nez aux Autrichiens), donc il ne faut pas en attendre un livret marquant, mais il dispose musicalement de bien de jolies choses déjà très spécifiquement verdiennes, des airs très personnels et de superbes ensembles. Avec Bilyy (miam) et Pertusi. → ♣♣♣ OPÉRA FRANÇAIS XIXe Meyerbeer – Le Prophète – Toulouse Depuis combien de temps n'avait-il pas été donné en France ? Plus tardif, d'un sarcasme plus politique et moins badin que ses succès antérieurs (Robert et Les Huguenots), le Prophète dispose d'un livret à nouveau d'une audace exceptionnelle, où le pouvoir aristocratique signifie l'oppression (sans aucun recours !), où la religion est le cache-misère de toutes les ambitions et le refuge de tous les fanatiques, où la mère prend la place de l'amante, et où le héros, après avoir chanté sa pastorale, commet un crime de masse… Musicalement, moins de chatoyances que dans la période précédente, plus guère de belcanto non plus, mais la sophistication musicale et orchestrale reste assez hors du commun pour l'époque. À part Berlioz, Chopin, Schumann et Liszt, qui écrivait des choses pareilles dans les années 40, avant la révolution wagnérienne ? On voit d'ailleurs tout ce que la déclamation continue et le travail de réminiscence a pu inspirer à Wagner, à qui Meyerbeer mit le pied à l'étrier pour la création parisienne de Tannhäuser – avec la gratitude qu'on connaît, c'est Wagner. Peut-être pas très adéquatement dirigé par Flor, il faudra voir. Avec Gubanova, Osborn et Iva shchenko . → ♣♣♣ Halévy – La Reine de Chypre – TCE Voilà un Halévy qui n'a guère été redonné. Assez différent de la Juive, si j'en crois mon exécution domestique il y a quelques années : des récitatifs bien prosodiés, beaucoup d'ensembles et de chœurs, mais un langage très simple, très mélodique, presque belcantiste, qui n'a pas du tout la même sophistication que Charles VI, La Magicienne, et bien sûr les plus complexes La Juive et Le Déluge. Mais exécution très prometteuse, par le Concert Spirituel, avec Gens, Laho, Dupuis, Huchet, Lavoie. → ♣♣♣ Halévy – La Juive – Strasbourg Encore un grand succès du livret subversif (et pourtant très populaire) signé Scribe. La direction de Lacombe fait très envie, la reprise de la mise en scène de Konwitschny (que je n'ai pas vue, mais il me semble que ça a déjà été publié) m'inspire moins confiance, et le manque de grâce de Saccà (Éléazar) aussi. Mais il y aura Varnier en Brogni et même Cavallier en archer… → ♣♣♣ Adam – Le Chalet – Toulon Pas grand'chose à se mettre sous la dent dans cette courte petite histoire, mais c'est très plaisant, et interprété par des grands : Tourniaire, Devos, Droy, Rabec. → ♣♣ Adam – Le Toréador – Rennes Dirigé par Tingaud, le célèbre opéra à variations, très plaisant et payant. → ♣♣♣ Thomas – Hamlet – Marseille J'hésite à le faire figurer dans la liste… l'œuvre est devenue (et à juste titre !) un véritable standard, il n'est pas de saison où on ne la joue en France, en Suisse ou en Belgique… Une série avait été proposée sur la transformation du matériau de Shakespeare aux débuts de CSS, et à l'époque où les prémices de la mode n'étaient pas encore une mode. Comme souvent, une superbe distribution : Ciofi, Brunet, R. Mathieu , Lapointe, Barrard, Bolleire, Delcour ! Moins enthousiaste sur Foster, qui défend généreusement ce répertoire, mais dont le style n'est en général ni soigneux, ni tout à fait adéquat. Néanmoins, ce sera très bien (mise en scène de Boussard qui devrait être bien). → ♣♣♣♣ Massenet – Don César de Bazan – Compiègne, Thaon-les-Vosges Remarquable production de ce qui était quasiment le dernier opéra (en tout cas parmi ceux qui ne demeurent pas perdus) à être remonté de Massenet, longtemps cru brûlé. Superbement chanté (Du mora , Sarragosse), superbement accompagné (Les Frivolités Parisiennes, l'orchestre remporte un Putto d'incarnat cette année dans le bilan qui sera publié), mise en scène riche et avisée. L'œuvre en elle-même hésite entre un sinistre jeu de cache-cache avec la mort (qui vous rattrape parfois) et une transformation vaudevillesque du pourceau d'Épicure en mari soucieux du respect des usages. Musique plutôt légère, mais d'une finition remarquable. → ♥♥♥♥ Saint-Saëns – Le Timbre d'argent – Favart Nouveauté chez Favart. Pas encore eu le temps de jouer la partition, mais forcément un bon a priori (opéra de Saint-Saëns + sélection Favart…). → ♣♣♣♣ Saint-Saëns – Proserpine – Versailles Autre inédit, pour la tournée annuelle de la Radio de Munich (qui n'est pas la Radio Bavaroise, notez bien) en partenariat avec Bru Zane. Ulf Schirmer dirige, avec Gens, Marie-Adeline Henry, Vidal, Antoun, Lavoie, Foster-Williams, Teitgen ! → ♣♣♣♣♣ Offenbach – Geneviève de Brabant – Nancy Un chouette Offenbach servi par une équipe épatante : l'habitué Schnitzler, Buendia (de l'Académie Favart, dans Cendrillon de Viardot et l'Écureuil Bleu de Dupin), R. Mathieu , Piolino, Huchet, Grappe, Ermelier… → ♣♣ MUSIQUE DE SCÈNE ROMANTIQUE Grieg – Peer Gynt – Limoges Dirigé par Chalvin, avec Kalinine en Anitra. (Chanté en VO, je ne peux pas dire comment sera le reste du dispositif, sans doute des résumés en français.) SLAVES Tchaïkovski – La Pucelle d'Orléans – Philharmonie de Paris Très rare en France, et interprété non seulement pas de vrais russes, mais par la troupe du Bolshoï elle-même (dirigée par Sokhiev).→ ♣♣♣♣♣ Rimski-Korsakov – Snégourotchka – Bastille Là aussi, rareté à peu près absolue sur le sol français. Tcherniakov en promet une relecture érotisante (propre à choquer le jeune public, précise l'avant-programme de l'Opéra…). Distribution bizarrement attelée (Garifullina dans le rôle-titre, mais aussi D'Intino et Vargas…). → ♣♣♣ Dvořák – Rusalka – Tours Rusalka s'est pas mal imposée hors d'Europe centrale. Prélude, je l'espère, à l'importation d'autres titres de haute valeur (Armida, Dalibor, Libuše, Fiancée de Messine, Šárka…). Ici, c'est même avec une distribution étrange, très française, avec Manfrino et Cals (Princesse Étrangère !), ce qui m'effraie un rien, je dois dire. En revanche, l'excellent Micha Schelomianki en Ondin (rôle dont il est de plus très familier), et la voix n'est pas trop russe-ronde pour du tchèque. L'œuvre est une merveille absolue qui se révèle encore mieux en salle. [livret , musique , discographie exhaustive ] → ♣♣♣ Stravinski – The Rake's Progress – Caen, Rouen, Limoges, Reims De jolies choses dans la distribution (Marie Arnet, excellente mélisande ; Isabelle Druet en Baba ; Stephan Loges en père Trulove), mais un opéra déjà faible dirigé avec la raideur de Deroyer, je ne suis pas complètement tenté. → ♣♣ Prokofiev – L'Ange de feu – Lyon Si Guerre & Paix est le plus impressionnant scéniquement et dramatique (l'un des plus avenants mélodiquement aussi), L'Ange de feu est le plus impressionnant musicalement de toute la production lyrique de Prokofiev – c'est d'ailleurs la matière-première de sa Troisième Symphonie. Avec Ono, Syndyte, Efimov, Naouri. → ♣♣♣♣ XXe SIÈCLE DIVERS … où l'on trouve énormément d'œuvres légères, en réalité. Hindemith – Sancta Susanna – Bastille Sujet mystico-érotique sur une musique très dense, du Hindemith très décadent, qui doit beaucoup plus à Salome que n'importe quelle autre de ses œuvres. Avec Antonacci, couplé avec Cavalleria Rusticana (avec Garanča), une assez chouette association. → ♣♣♣♣ Britten – Owen Wingrave – Amphi Bastille … mais par l'Atelier Lyrique de l'Opéra, dont je n'aime pas du tout les choix de recrutement, ni les spectacles. Déjà donné pour leur Britten (Lucrèce ), je passe. → ♣♣ Sauguet – Tistou les pouces verts – Rouen Sauguet n'est pas un immense compositeur, mais il a une fibre théâtrale, ce devrait être sympathique. → ♣♣♣ Rota – La notte di un nevrastenico – Montpellier Avec Bruno Praticò et le formidable Bruno Taddia, œuvre comique que je n'ai pas testée. → ♣♣♣♣ Rota – Aladino e la lampada magica (traduit en français) – Saint-Étienne Avec Larcher, Buffière, Tachdjian . Autre nouveauté pour moi, qui me rend bien curieux. → ♣♣♣ Menotti – The Telephone – Metz Menotti – Amelia al Ballo – Metz Le sommet du Menotti « conversationnel » (en version originale – il existe aussi une excellente version française), d'une fraîcheur jubilatoire, couplée avec son plus célèbre opus de type lyrique. Très beau choix, dirigé par Diederich, avec la jeune gloire Guillaume Andrieux.→ ♣♣♣♣ CONTEMPORAINS Du côté des vivants à présent. Gérard Pesson – La Double Coquette – Lille Fin de la tournée. Bricolage des Troqueurs de Dauvergne avec des moyens « musicologiques » : Ensemble Amarillis, Poulenard (toujours étincelante), Villoutreys, Getchell. On peut le voir comme un moyen de toucher des droits à la façon du coucou, de remplir les quotas de musique contemporaine sans effrayer le public, ou bien comme une façon de rendre plus dense cette œuvre très légère qui a beaucoup vieilli et paraît peu consistante jouée seule, difficile de trancher. → ♥♥♥ Roland Auzet – HIP 127 – Limoges Moneim Adwan – Kalîla wa Dimna – Lille Joué à Aix cet été. Le principe du métissage avec le chant arabe classique est sympa, mais ça ne marche pas, et le livret, sa mise en scène, également statiques, ne sont pas bons non plus. → ♥ Lionel Ginoux – Vanda – Reims Lucia Ronchetti – Pinocchio – Rouen Pas très optimiste vu la tête de son Sonno di Atys, particulièrement peu intelligible (pourtant, le sommeil d'Atys n'est pas spécifique au mythe, ce doit être une référence à LULLY…), à l'opéra ce ne doit pas être un langage très compatible . → ♣♣ Ahmed Essya – Mririda – Strasbourg Martín Matalon – L'Ombre de Venceslao – Toulouse, Avignon, Rennes, Clermont-Ferrand Ici encore, pas un langage très prosodico-compatible à mon avis. Je n'ai pas été très convaincu par ce que j'ai entendu de Matalon jusqu'ici, mais le cahier des charges d'un ompéra étant forcément différent… → ♣♣ Violeta Cruz – La Princesse Légère – Compiègne Marius Felix Lange – Schneewittchen – Colmar, Strasbourg, Mulhouse Arthur Lavandier – Le premier meurtre – Lille Tout jeune. Pas entendu. OPÉRETTES ET COMÉDIES MUSICALES J. Strauß – Eine Nacht in Venedig – Lyon Lehár – Le Pays du sourire – Tours (Avec Philiponet, Droy, Dudziak) Messager – L'Amour masqué – TM Lyon Christiné – Dédé – Marseille Lopez – Prince de Madrid – TM Lyon Lopez – La Route fleurie – Marseille Scotto – Violettes impériales – Marseille Bernstein – Candide – Toulouse, Bordeaux Sondheim – Sweeney Todd – Toulon Mitch Leigh – L'homme de la Mancha – Tours Jerry Bock – Un Violon sur le toit – Massy, Avignon Un petit phénomène Luis Mariano semble-t-il, entre Lopez et Scotto ! Sinon, le jubilatoire Candide, la comédie musicale la plus opératique de Sondheim (pas sa meilleure), et la fameuse pièce de Leigh illustrée par Brel, chantée par Cavallier (pas de la grande musique, mais les basses aiment bien chanter ça semble-t-il Jérôme Varnier en donne aussi en récital). Dédé est à recommander avant tout pour le théâtre, avec une intrigue très vive et des caractères plaisants, tandis que la musique légère jazzy n'est pas ce qui frappe le plus l'attention. Je ne m'avance pas sur des cotations ici, ça dépend tellement des inclinations de chacun… En ce qui me concerne, Sweeney Todd me laisse plutôt froid (mais est considéré comme une œuvre majeure de Sondheim), tandis que je n'ai rien contre Lopez et Scotto (particulièrement mal vus, mais en salle, ça coule très agréable)… Idem pour J. Strauß et Lehár, il faut être dans l'humeur adéquate (je n'en raffole pas personnellement, mais c'est musicalement plutôt bien tenu). AILLEURS EN EUROPE À part la création très inattendue d'un opéra de Kurtág à la Scala (Fin de partie, un choix moins surprenant), les raretés sont surtout des spécialités locales : ¶ les deux Erkel célèbres à Budapest (Bánk bán et Hunyadi László), plus le Ténor de Dohnányi (et la Reine de Saba de Goldmark), ¶ deux Dvořák semi-rares (célèbres mais à peu près jamais donnés hors des terres tchèques, Le Diable & Katia et Le Jacobin) à Prague, ¶ Sakùntala d'Alfano à Catane, ¶ Peer Gynt d'Egk à Vienne, ¶ Doktor Faust de Busoni à Dresde, ¶ Oberon de Weber & Die Gezeichneten de Schreker pour le festival munichois de juillet 2017. Restent Rimski-Korsakov (Le Coq d'Or à Bruxelles) et Britten, Curlew River à Madrid et Death in Venice à la Deutsche Oper Berlin, moins congruents. D'ici quelques jours devraient paraître à la fois le bilan de la saison écoulée (avec remise de breloques !) et la sélection de concerts du mois de septembre.



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11 août

CD, compte rendu critique. « A journey »… Pretty Yende, soprano. Bel canto et opéras romantiques français : Rossini, Bellini, Donizetti, Gounod, Delibes… (1cd Sony classical)

CD, compte rendu critique. « A journey »… Pretty Yende, soprano. Bel canto et opéras romantiques français : Rossini, Bellini, Donizetti, Gounod, Delibes… (1cd Sony classical) – Jeune souveraine du beau chant… Coloratoure exceptionnellement douée, la jeune soprano sud africaine Pretty Yende, fut révélée avant tout dès 2010, lors du premier Concours international de Bel Canto Vincenzo Bellini, seule compétition (française) dédiée aux spécifiés du chant bellinien (c’est à dire préverdien); son chant sûr et raffiné s’affirme ici au sommet de sa jeune carrière, telle une nouvelle Jessye Norman, alliant la grâce, le style, une technicité brillante et naturelle … au service des compositeurs lyriques d’avant Verdi : Rossini et son élégance virtuose ; Bellini et ses langueurs suaves d’une ineffable tendresse ; Donizetti, touche à touche géniale autant dans la veine dramatique et tragique que comique et bouffone… Soit de l’expressivité mordante et une noblesse naturelle doublée d’une technicité acrobatique avérée… autant de qualités qui lors du premier Concours précité, avait particulièrement marqué les esprits du Jury et du public. Vraie coloratoure, douée d’une flexibilité saisissante, aux côtés de la beauté d’un timbre qui demain, chantera Bellini évidemment (Lucia à l’Opéra Bastille en 2016), surtout Mozart, la jeune diva affirme sans détours, une étonnante maturité, une plasticité riche et nuancée malgré son jeune âge. L’agilité des vocalises, la justesse de l’intonation, à la fois séduisante et brillante illumine l’intelligence juvénile de sa Rosina (Una voce poco fa) : tout l’art de la jeune diva se déploie ici : assurée, palpitante, d’un cristal inouï tant le brio pyrotechnique de ses vocalises reste remarquable de précision et de musicalité. En elle, rayonne une coloratoure virtuose, élégante, noble, d’une grande finesse de style et d’une juvénilité expressive illimitées. En Français, sa Lakmé déroule une suavité à la fois opulente et enchantée, dans le duo des fleurs de Lamé (avec Kate Aldrich, à l’émission bien basse et comme voilée… de surcroît sur un tempo trop lent à notre goût). Si la tenue de Pretty Yende demeure sans faille, il n’en va pas de même avec ses partenaires… 2ème chanteuse ici et chef. La baguette lourde, trop détaillée, finit par enliser, malheureusement le duo qui en conséquence, n’est pas le meilleur titre du récital. Les récentes lectures sur instruments d’époque ont dévoilé une autre sonorité, pour les opéras romantiques français. BELLINIENNE ENCHANTERESSE… Ecartons ces infimes réserves qui d’ailleurs ne concernent pas la jeune diva méritante mais plutôt ses partenaires. Car l’évidence vient après ces Rossini et Delibes du début : le plat de résistance reste le premier air Bellinien : Béatrice di Tenda, « Respiro io qui … puis Ah, la pena in lor Piombo » ; l’expérience bellinienne spécifique de Pretty Yende se distingue nettement dans cette séquence vocalement convaincante – dommage là encore que la direction de Marco Armiliato en fait des tonnes, à contrecourant de la finesse élégantissime requise (que réalise sans faute la soprano pour sa part). Tendresse initiale du récitatif, – à l’évocation de la fleur flétrie, condamnée ; Pretty Yende exprime avec une subtilité irrésistible la noblesse d’une âme sacrifiée. Puis à l’énoncé de l’air proprement dit (par le cor et les flûtes), la suavité enchantée du timbre impose définitivement la cantatrice belcantiste. C’est une femme qui dévoile une conscience nouvelle, celle qui lui fait mesurer son aveuglement précédent, une princesse d’une subtilité impressionnante que son repentir rend davantage admirable sur le plan moral: les vocalises et le legato sont parfaits de précision, d’intensité, et dans une vision globale, relèvent d’une intelligence musicienne capable de construire l’air en une vision architecturée idéalement énoncée. Pretty Yende nuance son expressivité sans jamais sacrifier l’élégance du chant, la noblesse de l’intonation, affirmant des variations d’une justesse déchirante (avec le choeur affligé, compassionnel). La cabalette de la souveraine fraternelle impose le même souci esthétique et un sens du texte qui se déroule comme une caresse, capable de vocalises qui égalent indiscutablement celles de l’impératrice actuelle du genre, Edita Gruberova (souhaitons la même intelligence et la même longévité à sa jeune héritière Pretty Yende). Ambassadrice de charme et d’un style raffiné chez Rossini, Bellini, Donizetti… Pretty Yende : nouvelle et sublime diva belcantiste L’idéal esthétique, élégantissime, d’une tendresse souriante, toujours raffinée, portant le Rossini du Comte Ory, se déploie pareillement et en français dans la grande scène suivante : « En proie à la tristesse… » : « La Yende » maîtrise le texte, reste intelligible, douée de nuances et de couleurs d’une suavité là encore irrésistible. Sa Comtesse s’alanguit, semble sculpter son superbe miel vocal sans limites, assénant des aigus supersoniques d’une clarté, intensité, couleur remarquablement sûres (remerciement à l’ermite : « Céleste providence », puis cabalette qui suit : « Cher Isolier… »). Plus sombre, la couleur de la Juliette de Gounod, confirme les affinités de la diva avec le romantisme français : « Dieu quel frisson court dans les veines… » ; l’amoureuse pure et la mort, s’affirment ici dans un tableau terrible, pathétique, héroique, d’essence fantastique aussi dont la froide volonté impose une morbide détermination (évocation du poignard), auquel le lyrisme éperdu de « verse toi-même ce breuvage » convoque immédiatement l’intensité de l’actrice tragique et tendre. Là encore on regrette la lourdeur de la baguette, mais la finesse de la chanteuse éblouit totalement. La versatilité expressive et dans chaque séquence émotionnelle, le style et l’intelligibilité de l’interprète imposent une exceptionnelle flexibilité dramatique. Rôle qu’elle connaît parfaitement à présent pour l’avoir chanté au Concours Bellini dès 2010, sa Lucia saisit par la même maturité, une intelligence dramatique exquise, son incandescente juvénilité. alors que ses consoeurs attendent l’âge mûr pour triompher des vocalises entre autres, Pretty Yende éblouit par la jeunesse de son chant. Longuement présenté à la harpe, « Ancor non giunse!… » est plainte éthérée d’une tristesse infinie (du caractère qui marqua tant Chopin), ensuite l’énoncé de « Regnava tel silenzio » affirme la profondeur de la diva, puis enfin sa prière irrépressible, creuse sa joie infinie : la palette des nuances et des couleurs éblouit par son intensité, la carrure irréprochable des vocalises démontre une maîtrise coloratoure époustouflante… La dernière plage confirme les dispositions belcantistes, précisément belliniennes de la jeune diva : d’un caractère immédiatement enivré et enchanté, ciselant une Elvira (I Puritani, un rôle que Pretty Yende avait déjà présenté lors du Concours Bellini 2010), d’une surprenante intensité, la soprano éblouit par sa facilité acrobatique, la flexibilité des vocalises, la justesse des notes tenues couvertes, et dans l’ensemble de l’architecture dramatique, une intensité continue jamais mise à mal, jamais déplacée, jamais forcée, toujours sincère et d’une finesse absolue. En plus de sa vocalisation habitée, Pretty Yende affirme une intelligence et une vérité expressive indiscutables. « Qui la voce sua soave… » exprime le rêve, la fragilité, l’hypersensibilité d’une âme prête à s‘évanouir à force d’épreuves surmontés, de traumatismes vécus. L’autorité vocale, l’élégance et la finesse du chant effacent toute réserve : Pretty Yende impose un talent d’actrice tragique irrésistible dans la grande scène de la folie : la dernière séquence après 11mn d’effusion coloriste, tragique, de candeur hébétée, affirme une ardeur échevelée : « Vien diletto è in ciel la luna! / Viens mon bien aimé la lune est dans le ciel »… , celle d’une femme sacrifiée, devenue folle… la vocalité rayonnante, réalisant toutes les variations possibles, de Pretty Yende impose une exceptionnelle intelligence virtuose, le chant exprimant le paroxysme émotionnel qui emporte la jeune femme mariée contre son gré et rendue criminelle. Stupenda. Aucun doute, le Concours Bellini 2010 avait bien raison de couronner le génie belcantiste de la jeune diva… que toutes les scènes du monde s’arrachent non sans raison à présent. C’est pourquoi malgré l’entourage musical parfois décevant (chef, orchestre et chanteurs n’ont certes pas la finesse musicale de la diva), ce premier disque est davantage qu’une carte de visite : c’est bien la confirmation qu’un immense talent bel centriste est maintenant prêt à éblouir le monde lyrique. Anne peut que s’incliner devant une telle perfection vocale. Bravissimo Pretty. CD événement, compte rendu critique. PRETTY YENDE, soprano. A Journey : airs de Rossini (Le Barbier de Séville, Le Comte Ory) ; Bellini (Béatrice de Tende / Beatrice di Tenda, I Puritani), Donizetti (Lucia di Lammermoor), Delibes, Gounod. Orchestra sinfonica nazionale della RAI. Marco Armiliato, direction (1 cd SONY classical). Enregistrement réalisé à Turin (Italie) en août et septembre 2015. CLIC de CLASSIQUENEWS.COM (rentrée 2016). AGENDA : Pretty Yende après avoir chanté Rosina du Barbier de Séville à l’Opéra Bastille à Paris, revient du 14 octobre au 16 novembre 2016, dans le rôle de Lucia, Lucia di Lammermoor. VISITER le site de l’Opéra national de Paris, page dédiée à Lucia di Lammermoor avec Pretty Yende

Jessye Norman

Jessye Norman est une soprano américaine (15 septembre 1945). Véritable soprano dramatique du fait de sa voix imposante, Jessye Norman est particulièrement associée, à ses débuts, aux rôles d'Aïda (Aïda), Cassandre (Les Troyens), Alceste (Alceste), et Léonore (Fidelio), avant d'élargir son répertoire à toute la musique des XIXe et XXe siècles, principalement allemande et française.



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